Oui, il est juridiquement possible pour un investisseur étranger de créer une entreprise en Afghanistan avec jusqu’à 100 % de capitaux étrangers, sans obligation générale de s’associer à un partenaire afghan. Pour un business SaaS, cette possibilité constitue toutefois seulement le point de départ : la gestion quotidienne dépend aussi de l’immatriculation, des obligations fiscales, de l’électricité et surtout de la continuité des connexions.

Le cadre de création prévoit plusieurs formes juridiques et un passage par l’Afghanistan Central Business Registry and Intellectual Property, ou ACBRIP. L’organisation de ces formalités autour d’un guichet unique peut simplifier le lancement, tandis que la fiscalité et le renouvellement de la licence doivent rester suivis dans la durée.

Sur le plan pratique, l’Afghanistan dispose de plusieurs opérateurs mobiles et d’une couverture 4G significative, mais l’accès à Internet reste inégal et exposé aux interruptions. La question n’est donc pas seulement de savoir si un SaaS peut être créé, mais si son activité peut être structurée pour supporter des coupures, des variations d’électricité et des solutions de connexion qui ne sont pas toujours interchangeables.

Création d’entreprise par un étranger

Une société étrangère peut être créée sans partenaire local obligatoire

Un investisseur étranger peut créer une entreprise en Afghanistan avec jusqu’à 100 % de capitaux étrangers. La loi ne prévoit pas d’obligation générale de s’associer à un partenaire afghan. Pour un projet SaaS, cela signifie que la structure du capital peut rester entièrement étrangère, ce qui évite de considérer automatiquement un associé local comme une condition de départ. Cette possibilité doit néanmoins être distinguée des démarches administratives : l’absence d’obligation générale de partenariat ne dispense pas l’entreprise de son enregistrement ni de l’obtention de la licence d’investissement ou d’activité requise.

L’entreprise étrangère doit être enregistrée auprès de l’Afghanistan Central Business Registry and Intellectual Property, l’ACBRIP. Elle doit également obtenir la licence correspondant à son activité. La création du capital et l’autorisation d’exercer sont donc deux sujets différents : le premier concerne la propriété de l’entreprise, tandis que le second concerne sa reconnaissance administrative et son activité. Pour préparer un dossier cohérent, il est utile de traiter ces deux aspects séparément et de vérifier que la licence demandée correspond bien à la manière dont le SaaS sera exploité.

Choisir une forme juridique et tenir compte des limites sectorielles

Plusieurs formes juridiques courantes sont disponibles : l’entreprise individuelle, la société de personnes, la société à responsabilité limitée et la société par actions ou corporation. Ce choix influence la manière de présenter le projet, la relation entre les associés et l’organisation de l’activité. Pour un SaaS, il est pertinent de comparer ces options selon la réalité du projet : activité portée par une seule personne, association entre plusieurs participants ou société appelée à accueillir une organisation plus structurée. Les faits disponibles n’imposent pas une forme unique ; ils permettent surtout de constater qu’il existe plusieurs voies de constitution.

La propriété étrangère ne signifie pas que tous les secteurs sont traités de la même façon. Les armes et explosifs, les activités financières non bancaires, l’assurance, les ressources naturelles et certaines infrastructures peuvent nécessiter un examen ou une autorisation sectorielle supplémentaire. L’investissement dans l’énergie nucléaire et les établissements de jeux d’argent est interdit par la loi sur l’investissement privé. Un SaaS doit donc être décrit avec précision : une activité numérique ne doit pas être assimilée trop vite à une activité financière, d’assurance ou d’infrastructure si son fonctionnement relève d’un autre domaine, mais toute spécialisation sectorielle peut modifier les autorisations à examiner. L’achat de terrains est interdit aux étrangers, alors que la location de terrains reste possible sous réserve des règles applicables, ce qui rend la location la voie à considérer pour un besoin immobilier.

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Délai de création

L’ACBRIP concentre une partie des démarches de création

L’Afghanistan Central Business Registry and Intellectual Property, rattaché au Ministry of Industry and Commerce, est l’organisme compétent pour l’enregistrement de l’entreprise et la délivrance de la licence d’investissement ou d’activité. L’ACBRIP fonctionne comme un guichet unique pour plusieurs formalités de création et de licence. Cette organisation donne un point d’entrée identifiable au porteur de projet : au lieu de traiter la création comme une succession de démarches sans lien, il est possible de commencer par structurer le dossier autour de l’immatriculation et de la licence.

Lors de l’enregistrement, l’ACBRIP traite également la demande de Tax Identification Number, ou TIN, auprès du Revenue Department du Ministry of Finance. Cette articulation est importante pour une activité SaaS, même lorsque le produit est vendu en ligne : l’existence d’une activité numérique ne supprime pas le besoin d’identifier l’entreprise sur le plan fiscal. La demande de TIN doit donc être intégrée dès la préparation de la création, plutôt que repoussée après le lancement commercial. Le guichet unique peut faciliter la coordination, mais il ne remplace pas le suivi des obligations qui en découlent.

Le délai réel dépend de la préparation et du suivi fiscal

Les éléments disponibles identifient l’organisme d’enregistrement et les formalités principales, mais ne donnent pas de délai fixe de création. Il serait donc imprudent d’annoncer un nombre de jours garanti. En pratique, la meilleure façon de réduire l’incertitude consiste à préparer en amont les informations nécessaires à l’immatriculation, à clarifier la forme juridique retenue et à déterminer la licence d’investissement ou d’activité attendue. Le délai ne doit pas être évalué uniquement comme une durée administrative : il dépend aussi de la capacité à fournir un dossier cohérent et à répondre aux éventuelles demandes liées à l’activité.

La fiscalité doit ensuite rester intégrée au calendrier de l’entreprise. Selon une annonce du Ministry of Finance publiée en 1405 du calendrier afghan, l’impôt sur le revenu des personnes morales, notamment les sociétés, a été annoncé à 10 %, contre 20 % auparavant. Ce taux annoncé constitue un repère, et non une raison de négliger les vérifications applicables au projet. L’entreprise doit obtenir un TIN auprès du Revenue Department du Ministry of Finance, et le renouvellement de la licence d’activité est lié à la régularisation de ses obligations fiscales. Pour un SaaS, le suivi fiscal n’est donc pas une formalité secondaire : il conditionne la continuité administrative de l’activité.

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Restrictions de propriété étrangère

La détention étrangère est largement ouverte, mais pas sans formalités

Les informations disponibles ne signalent pas de restriction générale imposant à un investisseur étranger de partager la propriété d’un SaaS avec un partenaire afghan. Au contraire, la création d’une entreprise avec jusqu’à 100 % de capitaux étrangers est possible. Cette ouverture répond directement à la question de la propriété, mais elle ne dispense pas de distinguer la détention du capital, l’enregistrement de la société et l’autorisation d’exercer. Une entreprise peut être détenue entièrement par des étrangers tout en devant respecter les formalités de l’ACBRIP et obtenir la licence requise.

Pour évaluer un projet concret, il faut donc vérifier la nature exacte de l’activité avant de conclure que la détention étrangère suffit. Les activités financières non bancaires, l’assurance, les ressources naturelles et certaines infrastructures peuvent faire l’objet d’un examen ou d’une autorisation supplémentaire. Les armes et explosifs relèvent également des secteurs nécessitant une attention particulière, tandis que l’investissement dans l’énergie nucléaire et les établissements de jeux d’argent est interdit par la loi sur l’investissement privé. La restriction ne vient donc pas nécessairement de la nationalité du propriétaire ; elle peut venir du secteur dans lequel le SaaS est utilisé.

Séparer la propriété de l’accès aux locaux

La question de la propriété étrangère ne concerne pas seulement les parts de l’entreprise. Elle peut aussi être confondue avec la propriété immobilière, alors que les règles sont différentes. L’achat de terrains par des étrangers est interdit. Les investisseurs étrangers peuvent toutefois louer des terrains, sous réserve des règles applicables. Pour un business SaaS, cette distinction peut être importante si l’activité nécessite un bureau ou un espace de travail : la location doit être envisagée plutôt que l’acquisition d’un terrain.

Cette limite ne bloque pas en elle-même la création d’une entreprise numérique, mais elle modifie la manière de planifier une implantation physique. Le projet doit éviter de présenter l’achat d’un terrain comme une étape normale de l’installation d’un investisseur étranger. La propriété du capital, la licence d’activité et l’occupation des locaux doivent rester trois sujets séparés dans la préparation du projet. Cette méthode permet de repérer plus facilement les autorisations nécessaires sans transformer une contrainte immobilière en obstacle général à la détention d’un SaaS.

Tension électrique

Prévoir une alimentation compatible avec les appareils européens

L’alimentation électrique domestique courante en Afghanistan est de 220 V en courant alternatif, à 50 Hz. Les prises de type C et F sont couramment indiquées. Pour un appareil français équipé d’une fiche européenne non reliée à la terre de type C, un adaptateur n’est généralement pas nécessaire lorsque la prise disponible est de type C ou F. Cette compatibilité peut simplifier l’usage d’un ordinateur ou d’autres équipements de travail, à condition de vérifier la fiche réelle de chaque appareil plutôt que de se fier uniquement à son origine française.

La situation n’est toutefois pas uniforme. Certaines bases documentaires indiquent également la présence de prises de type D, et la configuration peut varier selon le bâtiment ou la région. Les fiches françaises de type E, les fiches hybrides ou les appareils nécessitant une prise de terre peuvent donc demander un adaptateur, car la compatibilité mécanique n’est pas garantie. Enfin, un appareil conçu uniquement pour 110–120 V a besoin d’un transformateur ou d’un convertisseur : un adaptateur de forme ne change pas la tension. Cette vérification doit être faite avant de brancher le matériel de travail.

Intégrer les variations et les interruptions dans le poste de travail

Les installations triphasées peuvent atteindre 380 V, tandis que les variations et interruptions locales restent possibles selon les zones et les infrastructures disponibles. Pour une activité SaaS, la question de l’électricité dépasse donc la simple compatibilité des prises. Un ordinateur correctement branché peut malgré tout être interrompu par une variation ou une coupure. La préparation doit porter sur la continuité de l’usage : sauvegarder régulièrement le travail, limiter la dépendance à une session non enregistrée et organiser les tâches de façon à pouvoir reprendre après une interruption.

La prudence est particulièrement importante lorsque plusieurs équipements sont utilisés ensemble, avec des fiches et des besoins de mise à la terre différents. Il faut vérifier chaque charge avant utilisation et ne pas supposer qu’un même adaptateur convient à tout le matériel. Les variations locales et les interruptions ne se prévoient pas de la même manière qu’une simple différence de format de prise : elles rendent nécessaire une organisation de travail tolérante aux arrêts. Pour gérer un SaaS, cette continuité opérationnelle doit être pensée en même temps que la connexion Internet, puisque les deux infrastructures peuvent perturber le même poste de travail.

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Opérateurs mobiles principaux

Comparer les réseaux mobiles disponibles

Plusieurs opérateurs majeurs sont documentés en Afghanistan. Afghan Wireless Communication Company, ou AWCC, figure parmi les principaux fournisseurs de connectivité. Etisalat Afghan fournit des services voix et données et indique couvrir 30 provinces et 182 districts. Afghan Telecom, dont les services mobiles sont commercialisés sous la marque Salaam, fait également partie des opérateurs télécoms majeurs. Telecom Development Company Afghanistan, généralement associée à Roshan, figure enfin parmi les principaux fournisseurs d’accès et de télécommunications recensés.

Pour un travail en ligne, cette diversité permet de ne pas réduire la préparation à un seul réseau. Les services proposés ne doivent toutefois pas être confondus avec une garantie de qualité identique partout. La couverture annoncée par un opérateur, notamment celle d’Etisalat Afghan, constitue un repère de disponibilité et non une promesse de connexion stable dans chaque lieu. Il est plus prudent de considérer les opérateurs comme des options à comparer selon la zone et l’usage, en distinguant les appels, les données mobiles et l’accès nécessaire aux outils du SaaS.

Utiliser une SIM locale et garder une solution de secours

Les cartes SIM physiques locales sont disponibles auprès des opérateurs et de leurs réseaux de distribution. Etisalat Afghan indique plus de 12 000 points de vente au niveau national. Les opérateurs locaux proposent des services voix et données mobiles, ce qui permet en pratique d’utiliser une SIM locale avec un téléphone débloqué. Pour une installation ou une activité en ligne, cette solution peut servir de moyen d’accès mobile, notamment lorsque l’accès fixe n’est pas disponible ou lorsque le réseau utilisé habituellement rencontre une difficulté.

L’eSIM locale standardisée destinée aux voyageurs n’est pas clairement documentée et ne doit pas être considérée comme garantie. Une eSIM internationale de voyage peut constituer une solution de secours, mais son fonctionnement dépend de l’opérateur émetteur, du téléphone et de la couverture partenaire en Afghanistan. Cette dépendance impose de vérifier la compatibilité avant de compter dessus pour une activité professionnelle. Une stratégie raisonnable consiste à prévoir une SIM physique locale avec un téléphone débloqué, puis à conserver une autre option de connexion sans supposer que l’eSIM remplacera automatiquement le réseau local.

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Qualité d’Internet

Une couverture mobile réelle, mais une connectivité globale limitée

La connectivité générale est faible et inégalement répartie : environ 16 % de la population utilisait Internet selon les données reprises par Internet Society. La couverture mobile 4G est estimée à environ 74 % de la population, alors que l’accès à la 5G reste inférieur à 1 %. Ces chiffres décrivent des niveaux différents : une couverture mobile annoncée ne signifie pas que chaque lieu dispose d’un accès stable, ni que la qualité sera suffisante pour toutes les tâches d’un business SaaS. La présence de la 4G peut faciliter certains usages, mais elle ne transforme pas automatiquement la connexion en infrastructure continue.

La vitesse moyenne indiquée est d’environ 18,32 Mbit/s sur mobile et la résilience Internet globale est évaluée à 35 %. Cette résilience traduit une capacité limitée à absorber les pannes et les perturbations. Pour un entrepreneur, le point essentiel est donc de distinguer la vitesse mesurée à un moment donné de la robustesse du service dans la durée. Une connexion peut sembler assez rapide pour une tâche ponctuelle et devenir insuffisante lorsque le réseau est perturbé, que plusieurs utilisateurs sollicitent le même accès ou que l’accès change selon la zone.

Concevoir un SaaS capable de fonctionner malgré les coupures

La qualité varie fortement selon les régions, les opérateurs et le type d’accès. Les infrastructures fixes et en fibre peuvent être affectées par des coupures, tandis que le mobile peut rester disponible localement. À l’inverse, le mobile ne doit pas être considéré comme une garantie universelle. Des interruptions majeures peuvent toucher plusieurs provinces, Kaboul ou l’ensemble du pays. Les coupures de septembre-octobre 2025 ont affecté Internet, les appels mobiles et les SMS à l’échelle nationale pendant environ 48 heures. Pour une activité professionnelle, cette possibilité change la manière de penser l’organisation quotidienne : il faut prévoir que plusieurs moyens habituels puissent être indisponibles en même temps.

Pour réduire la dépendance à une connexion continue, il est prudent de prévoir plusieurs moyens de connexion et de ne pas faire reposer toutes les tâches sur un seul accès. Les travaux qui peuvent être préparés hors ligne doivent être organisés de cette façon, tandis que les actions exigeant une connexion doivent être regroupées lorsque le réseau est disponible. Il faut également éviter de considérer une deuxième option comme parfaite : une autre SIM, une eSIM internationale ou un accès fixe peuvent dépendre d’infrastructures différentes, mais leurs conditions de disponibilité varient. La gestion d’un SaaS depuis l’Afghanistan est donc envisageable sur le plan pratique, à condition d’accepter une continuité moins prévisible et de concevoir l’activité autour de cette contrainte.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il détenir 100 % d’une entreprise en Afghanistan ?

Oui. Un investisseur étranger peut créer une entreprise avec jusqu’à 100 % de capitaux étrangers, sans obligation générale de s’associer à un partenaire afghan. L’entreprise doit néanmoins être enregistrée auprès de l’ACBRIP et obtenir la licence d’investissement ou d’activité requise.

Quel organisme enregistre une entreprise étrangère ?

L’Afghanistan Central Business Registry and Intellectual Property, ou ACBRIP, rattaché au Ministry of Industry and Commerce, est compétent pour l’enregistrement et la délivrance de la licence d’investissement ou d’activité. Lors de l’enregistrement, il traite également la demande de TIN auprès du Revenue Department du Ministry of Finance.

Quel taux d’impôt sur le revenu des sociétés a été annoncé ?

Une annonce du Ministry of Finance publiée en 1405 du calendrier afghan a indiqué un taux de 10 % pour l’impôt sur le revenu des personnes morales, notamment les sociétés, contre 20 % auparavant. Les entreprises doivent aussi obtenir un TIN, et le renouvellement de la licence d’activité est lié à la régularisation des obligations fiscales.

Les appareils français peuvent-ils être branchés en Afghanistan ?

L’alimentation courante est de 220 V à 50 Hz et les prises de type C et F sont couramment indiquées. Une fiche française de type C non reliée à la terre est généralement compatible avec une prise C ou F. Les fiches de type E, les fiches hybrides ou les appareils nécessitant une prise de terre peuvent demander un adaptateur. Un appareil limité à 110–120 V nécessite en plus un transformateur ou convertisseur.

Peut-on compter sur une connexion Internet continue pour gérer un SaaS ?

Non, il est prudent de prévoir plusieurs moyens de connexion. La connectivité est faible et inégalement répartie, la couverture 4G ne garantit pas une connexion stable et des interruptions majeures peuvent affecter plusieurs provinces ou l’ensemble du pays. Les coupures de septembre-octobre 2025 ont touché Internet, les appels mobiles et les SMS à l’échelle nationale pendant environ 48 heures.