Remonter le pays du sud au nord, c'est voir le Portugal changer de visage en quelques centaines de kilomètres. Voici un itinéraire d'une dizaine de jours, pensé pour prendre son temps.
Quand partir ?
Le printemps et l'automne sont les deux meilleures saisons pour ce voyage. Au printemps, de mars à mai, le temps est doux, on compte jusqu'à neuf heures d'ensoleillement par jour dans le sud et les champs de l'Alentejo se couvrent de fleurs sauvages. À l'automne, en septembre et en octobre, les vignes du Douro prennent des teintes dorées et l'Alentejo multiplie les fêtes gastronomiques.
L'été est à éviter pour cet itinéraire en particulier : l'Alentejo comme la vallée du Douro connaissent des étés caniculaires, où le thermomètre peut atteindre 40 °C.
Jours 1 à 3 : Évora et l'Alentejo
L'Alentejo est la plus grande région du Portugal, mais elle ne rassemble qu'environ 5 % de la population du pays. Largement préservée du tourisme de masse, elle déroule ses champs de blé, ses vignes et ses oliviers à perte de vue.
Le point de départ idéal est Évora, dont le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1986. Ruelles blanchies à la chaux, temple romain, cathédrale : la ville se visite à pied, et mérite au moins une nuit pour profiter de ses places une fois les excursionnistes repartis.
Depuis Évora, cap à l'est vers Monsaraz, village fortifié qui domine la plaine. Les environs sont parsemés de menhirs préhistoriques. C'est aussi une région viticole : les caves de l'Alentejo se visitent volontiers, avec une dégustation à la clé.
Jours 4 et 5 : Marvão et les villages de la frontière

En remontant vers le nord, l'Alentejo se fait plus vallonné. Marvão est l'un des sites les plus spectaculaires du pays : un village et son château perchés sur un piton rocheux, d'où la vue porte loin vers l'Espagne. On y dort pour assister au coucher du soleil depuis les remparts, un moment qui justifie à lui seul le détour.
Jours 6 et 7 : cap au nord par le centre du pays
Entre l'Alentejo et le Douro, deux jours permettent de faire une étape dans le centre du pays. Coimbra, ancienne capitale et ville universitaire, est un arrêt naturel sur la route du nord : on y flâne dans la vieille ville en pente, avant de reprendre la route. C'est aussi le bon moment pour ralentir, et accepter de ne pas tout voir : cet itinéraire gagne à laisser de la place aux découvertes imprévues.
Jours 8 et 9 : la vallée du Douro

C'est le point d'orgue du voyage. Dans le haut Douro, les vignobles en terrasses dessinent des panoramas à couper le souffle, entre villages traditionnels et domaines viticoles, les quintas. Ce paysage a été façonné par près de deux millénaires de viticulture, et le vin de Porto qui en est issu est réputé depuis le XVIIIe siècle. La région viticole du haut Douro est d'ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2001.
Le plus beau moyen d'en profiter : poser ses valises deux nuits dans une quinta, visiter un ou deux domaines, et suivre le fleuve par la route, le train ou le bateau. En septembre et octobre, la saison des vendanges ajoute une animation particulière à la vallée.
Jour 10 : Porto
Le voyage se termine là où le Douro rejoint l'océan. À Porto, le quartier de la Ribeira forme un labyrinthe de ruelles médiévales descendant vers le fleuve. Sur l'autre rive, à Vila Nova de Gaia, les chais de vin de Porto ouvrent leurs portes aux visiteurs : une conclusion logique après quelques jours passés au milieu des vignes.
Que goûter en chemin ?
Remonter le Portugal, c'est aussi traverser plusieurs cuisines et plusieurs vignobles. Dans l'Alentejo, on goûte les vins rouges de la région, à la robe profonde et aux arômes fruités, et l'on commande au moins une fois un porco à alentejana, ce plat de porc aux palourdes qui marie la terre et la mer. Le centre du pays est la terre du leitão assado, le cochon de lait rôti. Dans le nord, le vinho verde, léger et légèrement pétillant, accompagne volontiers les repas, avant que le Douro et Porto ne mettent à l'honneur leur vin fortifié, décliné en plusieurs styles.
Partout, le bacalhau, la morue, se cuisine de mille façons, et les pâtisseries se comptent par centaines, à commencer par les célèbres pastéis de nata. Un détail amusera les amateurs de café : l'expresso se commande bica à Lisbonne, mais cimbalinho à Porto. Une bonne façon de mesurer le chemin parcouru.
Où dormir ?
L'intérêt de cet itinéraire tient aussi à ses hébergements. Dans l'Alentejo, les maisons de campagne et les domaines viticoles reconvertis offrent un calme rare, au milieu des oliviers. Dans le Douro, dormir dans une quinta permet de se réveiller face aux terrasses de vignes, et souvent de visiter les chais sur place. En ville, à Évora comme à Porto, privilégiez le centre historique pour tout faire à pied le soir.
Nos conseils pratiques
- Voiture ou train ? La voiture reste le moyen le plus souple pour l'Alentejo et ses villages isolés. Pour la vallée du Douro et Porto, le train est une belle alternative, qui permet de profiter du paysage.
- Ne pas surcharger le programme. Dix jours suffisent pour cet itinéraire à condition de rester au moins deux nuits aux étapes clés.
- Réserver les quintas tôt si vous partez pendant les vendanges.
- Prévoir plusieurs couches. Au printemps comme à l'automne, les écarts entre la chaleur des après-midi dans l'Alentejo et la fraîcheur des soirées dans le nord peuvent surprendre.
- Visiter tôt le matin. Les villages les plus photogéniques, comme Monsaraz ou Marvão, se découvrent mieux avant l'arrivée des excursionnistes de la journée.
Pour ceux qui préfèrent se faire accompagner, un voyagiste sur mesure comme Comptoir des Voyages construit ce type d'itinéraire à la carte. Son circuit « Le Portugal méridional » explore le sud en douze jours, à partir de 2 300 €, tandis que « Douro et Tage, de trains en tram » propose onze jours sur le fil de l'eau et du rail, à partir de 2 600 €. D'autres idées de voyage au Portugal, de Lisbonne aux Açores, peuvent servir de base pour composer votre propre remontée vers le nord.
De l'Alentejo au Douro, ce voyage raconte un autre Portugal : plus lent, plus rural, et tout aussi généreux.