Oui, il est en principe possible pour un étranger ou un non-résident de constituer une société américaine et de développer un business SaaS. Mais créer l’entité ne signifie pas automatiquement que vous pouvez travailler ou diriger activement cette entreprise depuis le territoire américain. La faisabilité dépend donc de deux sujets distincts : la structure de l’entreprise et votre droit d’y exercer une activité sur place.

Pour un projet SaaS, il faut également examiner l’État d’immatriculation, les formalités locales, la fiscalité applicable et les éventuelles restrictions liées à l’activité ou aux données traitées. Le secteur technologique est généralement ouvert aux investissements étrangers, tout en pouvant entrer dans le champ de contrôles particuliers lorsque des technologies critiques, des infrastructures sensibles ou certaines données sont concernées.

Enfin, la gestion quotidienne repose sur une infrastructure pratique solide, mais pas parfaitement uniforme. Le courant, les prises, les réseaux mobiles et l’accès à Internet sont adaptés au travail en ligne, avec des différences selon les régions et les bâtiments. Les repères ci-dessous vous aideront à distinguer ce qui relève de la création de l’entreprise, du droit au travail et de l’organisation concrète de votre activité.

Création d’entreprise par un étranger

Créer une société sans obtenir automatiquement le droit d’y travailler

Un étranger ou un non-résident peut en principe constituer une société américaine. Cette possibilité ouvre la voie à plusieurs formes juridiques, notamment l’entreprise individuelle, la société de personnes, la corporation, la S corporation et la LLC. Pour un business SaaS, le point essentiel est de ne pas confondre la naissance juridique de l’entreprise avec le droit de travailler physiquement aux États-Unis. La constitution de l’entité permet de structurer l’activité, mais elle ne vous autorise pas automatiquement à la diriger activement depuis le pays.

Cette distinction est déterminante si vous prévoyez de vous installer sur place ou d’y passer du temps pour piloter le produit, les ventes et l’équipe. Pour des séjours d’affaires temporaires, le visa B-1 ou l’ESTA peut couvrir certaines activités, comme des réunions, des consultations ou des négociations. En revanche, ces dispositifs ne couvrent pas un emploi ordinaire aux États-Unis. Il faut donc traiter séparément la création de la société et votre situation d’immigration avant d’organiser votre présence quotidienne.

Choisir une forme juridique et vérifier le capital nécessaire

Les structures courantes offrent des cadres différents : sole proprietorship pour l’entreprise individuelle, partnership pour la société de personnes, corporation, S corporation et Limited Liability Company, ou LLC. La LLC est créée selon le droit de l’État choisi. La S corporation correspond, elle, à une élection fiscale réservée à une corporation admissible, avec des règles de détention qui excluent notamment les non-resident aliens. Ce point peut donc écarter cette option selon votre statut, même si d’autres formes restent envisageables.

Aucun capital social minimum fédéral général n’est indiqué pour les formes courantes dans les guides de création de la SBA et de l’IRS. Cela ne signifie pas que toutes les situations sont dépourvues d’exigences financières. Les règles peuvent varier selon l’État, la structure et le secteur réglementé. Une activité financière ou autrement réglementée peut imposer des seuils ou des exigences spécifiques. Pour un SaaS, la bonne démarche consiste donc à vérifier à la fois la forme envisagée, l’État d’immatriculation et la nature exacte du service proposé.

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Délai de création

Un délai qui dépend surtout de l’État choisi

Il n’existe pas de délai national uniforme pour créer une entreprise aux États-Unis. L’immatriculation relève généralement du Secretary of State, d’un bureau des entreprises ou d’une agence équivalente de l’État où l’activité est créée ou exercée. Cette organisation décentralisée explique pourquoi deux projets comparables peuvent suivre des calendriers différents. Le délai dépend de l’État, de la structure juridique retenue et du mode de dépôt utilisé.

Certains États permettent une immatriculation en ligne, tandis que d’autres exigent un dépôt papier ou par courrier. Des formalités locales et sectorielles peuvent également s’ajouter. Il serait donc imprudent de fixer une date générale pour le lancement administratif de votre SaaS sans avoir identifié le registre compétent et les autorisations éventuellement nécessaires. Le calendrier doit être vérifié directement auprès de l’agence de l’État choisi, en distinguant la constitution de l’entité des démarches qui permettent ensuite d’exercer effectivement l’activité.

Intégrer la fiscalité dans le calendrier du projet

La fiscalité constitue un autre repère important dans la préparation. Pour une corporation soumise à l’impôt fédéral américain sur les sociétés, le taux fédéral de référence est de 21 % du revenu imposable pour les années fiscales commençant après le 31 décembre 2017. Ce taux donne un point de comparaison utile lorsque vous évaluez la structure de votre société, mais il ne permet pas à lui seul de déterminer le coût fiscal global du business SaaS.

Les impôts des États et des collectivités peuvent modifier le résultat final. Il faut également tenir compte des régimes transparents ou des règles propres aux LLC, qui ne se lisent pas comme le régime d’une corporation imposée au niveau fédéral. La fiscalité ne doit donc pas être traitée comme une simple formalité postérieure à l’immatriculation. Elle influence la comparaison entre les formes juridiques et doit être examinée en parallèle du choix de l’État, du mode de dépôt et des éventuelles licences.

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Restrictions de propriété étrangère

Une ouverture générale, avec des secteurs sensibles

Le régime américain est globalement ouvert aux investissements étrangers. Cette ouverture ne signifie toutefois pas que toutes les activités et toutes les opérations sont traitées de la même manière. Des restrictions ou des contrôles peuvent exister dans certains secteurs, notamment l’énergie nucléaire, certains transports, les services financiers et les télécommunications. Un SaaS dont l’activité touche directement ou indirectement l’un de ces domaines doit donc être examiné avec davantage d’attention que ne le laisserait penser son apparence purement numérique.

La sensibilité peut aussi venir des technologies critiques, des infrastructures critiques ou des données personnelles sensibles impliquées. La question n’est alors pas seulement de savoir si un étranger peut détenir la société, mais aussi de comprendre la nature de l’activité et des actifs concernés. Avant de retenir une structure ou de conclure une opération, vous devez identifier les éléments qui pourraient placer le projet dans un périmètre sectoriel particulier, sans supposer que le caractère en ligne du service suffit à écarter tout contrôle.

S’appuyer sur l’écosystème entrepreneurial américain

Les entrepreneurs étrangers peuvent aussi trouver un appui dans un écosystème composé de réseaux fédéraux et régionaux. Les Small Business Development Centers, SCORE, les Women’s Business Centers et les Veterans Business Outreach Centers proposent des ressources de soutien adaptées à différents profils. Ces réseaux peuvent être utiles pour organiser les premières étapes, clarifier les questions opérationnelles et mieux comprendre l’environnement entrepreneurial de l’État dans lequel votre activité est envisagée.

Pour les startups technologiques, le programme fédéral Build to Scale de l’EDA finance des organisations qui renforcent les écosystèmes entrepreneuriaux, l’accès au capital et la croissance d’entreprises innovantes. Il s’agit d’un soutien à des organisations et à des écosystèmes, plutôt que d’une autorisation automatique ou d’une solution d’immigration pour le fondateur. Leur intérêt pratique est de compléter la réflexion juridique et administrative par un accompagnement local, particulièrement utile lorsque le SaaS doit s’insérer dans un environnement technologique régional.

Tension électrique

Prévoir le bon adaptateur pour les prises américaines

Le courant domestique courant aux États-Unis est généralement de 120 V à une fréquence de 60 Hz. Le Department of Energy présente également la plage usuelle sous la forme 110-120 V. Les prises utilisées couramment sont de type A, avec deux broches plates, et de type B, avec deux broches plates et une prise de terre. Pour installer votre poste de travail, ces différences sont à anticiper dès la préparation du déplacement.

Un voyageur venant de France doit prévoir un adaptateur de prise pour utiliser les prises américaines. L’adaptateur change le format de branchement, mais pas nécessairement la tension. Un convertisseur peut donc être nécessaire pour les appareils qui n’acceptent pas le 100-240 V. Avant de brancher un ordinateur, un écran ou un autre équipement, vérifiez la compatibilité indiquée sur son alimentation afin de distinguer le simple besoin d’adaptation physique d’un besoin de conversion électrique.

Sécuriser l’alimentation de votre activité SaaS

Pour une activité SaaS, l’alimentation électrique concerne autant les équipements de travail que la continuité de votre organisation. Un appareil français peut disposer d’une alimentation compatible avec plusieurs tensions, mais cette compatibilité ne doit pas être supposée. Le contrôle de chaque chargeur ou bloc d’alimentation vous permet de savoir si un adaptateur suffit ou si un convertisseur est requis, notamment lorsque vous emportez plusieurs équipements différents.

Cette vérification est particulièrement utile avant un séjour de travail, car un adaptateur inadapté peut empêcher l’utilisation du matériel dès l’arrivée. Organisez vos besoins en distinguant les appareils qui acceptent le 100-240 V de ceux qui ne l’acceptent pas. Vous pourrez ainsi prévoir l’équipement approprié sans confondre les caractéristiques des prises de type A et B avec celles de la tension de 120 V et de la fréquence de 60 Hz.

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Opérateurs mobiles principaux

Choisir entre les grands opérateurs et une offre adaptée

Les principaux opérateurs mobiles nationaux sont AT&T, T-Mobile et Verizon. Pour une personne qui gère un SaaS, cette présence de plusieurs acteurs offre un point de départ clair pour comparer une solution de connexion temporaire ou plus durable. Le choix ne doit pas être réduit au nom de l’opérateur : il faut également considérer la zone dans laquelle vous travaillerez et le type d’activation compatible avec votre téléphone.

Les voyageurs peuvent utiliser une carte SIM physique ou une eSIM auprès d’opérateurs américains. Des offres eSIM prépayées destinées aux visiteurs sont disponibles chez T-Mobile et AT&T, et Verizon propose également l’activation eSIM prépayée. Le téléphone doit être compatible et généralement débloqué. L’activation peut nécessiter d’être déjà aux États-Unis, ce qui mérite d’être intégré dans votre préparation si vous comptez disposer d’une connexion dès votre arrivée.

Tenir compte des limites de couverture

La couverture mobile est très étendue à l’échelle nationale. En 2024, l’UIT indiquait une couverture de 99 % de la population pour la 3G et la 4G/LTE, ainsi que de 96 % pour la 5G. Ces chiffres donnent une bonne indication de la disponibilité générale, mais ils ne garantissent pas une qualité identique partout. La réception peut être moins fiable dans certaines zones rurales, montagneuses, désertiques ou isolées.

Les cartes de couverture ne garantissent pas non plus la réception à l’intérieur des bâtiments. Pour un travail dépendant des échanges avec vos clients, de l’accès à vos outils ou de l’administration de votre service, il est donc utile de ne pas considérer le réseau mobile comme une garantie absolue. La couverture nationale est large, mais votre expérience réelle dépendra de la région, du relief et de l’endroit précis où vous utilisez le téléphone.

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Qualité d’Internet

Un accès Internet généralement favorable au travail en ligne

La qualité générale d’Internet est élevée aux États-Unis. L’UIT indique que 94,7 % des habitants utilisaient Internet en 2024 et que 94,8 % des ménages avaient un accès Internet à domicile en 2023. Pour un business SaaS, cet environnement est favorable aux échanges en ligne, à la gestion des outils numériques et au suivi quotidien de l’activité, tout en laissant subsister des écarts selon l’adresse et la technologie disponible.

La disponibilité et les performances peuvent varier selon la congestion, le relief et la situation rurale ou urbaine. Une donnée nationale ne permet donc pas de prédire automatiquement la qualité d’une connexion à une adresse précise. Avant d’organiser une présence prolongée, il est préférable de considérer le fournisseur disponible, la technologie proposée et le contexte local plutôt que de se limiter à la moyenne nationale.

Utiliser le Wi-Fi public avec discernement

Le Wi-Fi est souvent disponible dans les hôtels, les cafés et les espaces publics. Cette disponibilité peut faciliter le travail ponctuel, notamment lors d’un déplacement ou entre deux lieux de rendez-vous. Elle n’est toutefois pas uniforme, et la présence d’un réseau ne signifie pas qu’il convient à toutes les tâches liées à la gestion d’un SaaS. La qualité d’accès peut varier, tout comme la confiance que vous pouvez accorder au réseau.

Les réseaux ouverts peuvent présenter des risques de sécurité. Il est recommandé d’utiliser des réseaux de confiance et d’éviter d’échanger des informations sensibles sur un Wi-Fi public non sécurisé. Pour organiser votre activité, distinguez donc les usages ordinaires des opérations qui nécessitent une connexion plus sûre. Cette précaution ne remet pas en cause la qualité générale d’Internet ; elle rappelle simplement que l’environnement d’accès compte autant que la disponibilité technique du réseau.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il créer une société américaine pour son business SaaS ?

Oui, un étranger ou un non-résident peut en principe constituer une société américaine. La création de l’entité ne donne toutefois pas automatiquement le droit de travailler ou de diriger activement l’entreprise depuis les États-Unis.

Le visa B-1 ou l’ESTA permet-il de travailler normalement pour son SaaS aux États-Unis ?

Le visa B-1 ou l’ESTA peut couvrir certaines activités d’affaires temporaires, comme des réunions, des consultations ou des négociations. Il ne couvre pas un emploi ordinaire aux États-Unis.

Existe-t-il un capital minimum fédéral pour créer une société américaine ?

Aucun capital social minimum fédéral général n’est indiqué pour les formes courantes. Des exigences peuvent toutefois varier selon l’État, la structure et le secteur réglementé, notamment dans certaines activités financières ou réglementées.

Combien de temps faut-il pour créer une entreprise aux États-Unis ?

Il n’existe pas de délai national uniforme. Le délai dépend de l’État, de la structure, du mode de dépôt et des licences ou autorisations nécessaires. Certains États acceptent un dépôt en ligne, tandis que d’autres exigent un dépôt papier ou par courrier.

Peut-on travailler facilement en ligne depuis les États-Unis ?

L’accès à Internet est généralement élevé, mais ses performances varient selon l’adresse, la technologie, la congestion, le relief et la situation rurale ou urbaine. Le Wi-Fi est souvent disponible dans les hôtels, cafés et espaces publics, mais les réseaux ouverts doivent être utilisés avec prudence.