Autour de Cassis, le littoral se plisse en entailles calcaires que l’ennoiement d’anciennes vallées a transformées en calanques, comme des fjords méditerranéens. Entre Marseille et La Ciotat, le parc national des Calanques déroule 20 km de côtes et 26 criques, un ruban de pierre claire battu par le sel et le vent. À La Ciotat, dès le vieux port, la marche mène vers des anses comme le Mugel ou Figuerolles, plus farouches, loin du flux qui se presse ailleurs. Au printemps, la garrigue s’éveille et l’on comprend pourquoi ce territoire, premier parc national périurbain d’Europe depuis le 18 avril 2012, protège autant la mer que la roche et le vivant.
Pourquoi choisir les calanques de La Ciotat ?
Changez d’angle. À quelques kilomètres de Cassis, La Ciotat donne accès à des calanques plus discrètes, loin de l’axe Port-Miou, Port-Pin, En-Vau, souvent saturé en été. Ici, le départ se fait depuis le vieux port, sans logistique lourde ni navette obligatoire.
Les calanques ont une histoire géologique claire. Ce sont des vallées anciennes envahies par la mer, comparées à des fjords, mais d’origine fluviale : les cours d’eau ont d’abord creusé, la mer a ensuite noyé les reliefs quand le niveau est remonté après les périodes glaciaires. Cette lecture du paysage prend tout son sens quand on longe les parois et que l’on devine, dans les creux, le tracé des anciens vallons.
Au cœur des criques : Mugel et Figuerolles
Marchez, tout de suite. Depuis le vieux port de La Ciotat, comptez 10 à 20 minutes à pied pour rejoindre les 2 stars locales : la calanque du Mugel et la calanque de Figuerolles, toutes deux sous le Bec de l’Aigle. Pas besoin de voiture pour commencer à sentir l’odeur des pins et entendre le clapot contre la roche.
Au Mugel, le décor change : le site est bordé par un massif de poudingue, cette roche faite d’un conglomérat de galets solidifiés, qui donne des reliefs plus ronds et plus sombres que le calcaire clair des calanques voisines. Ajoutez un parc botanique qui ménage des zones ombragées, utiles quand le soleil tape en milieu de journée.
À Figuerolles, place aux contrastes. Les falaises se resserrent et tirent vers des nuances rouges, au-dessus d’une eau réputée limpide, surtout quand le vent a nettoyé la surface. Prévoyez des chaussures qui accrochent : l’approche est courte mais le terrain peut être irrégulier.
Un espace protégé : le parc national des Calanques
La Ciotat appartient à un territoire très surveillé : le Parc national des Calanques, créé le 18 avril 2012. C’est un parc national périurbain, posé entre Marseille, Cassis et La Ciotat, sur plus de 20 km de côte, à la fois terrestre et marin, exposé de plein fouet aux pressions urbaines et touristiques.
Sa mission se lit dans la liste des vivants qu’il protège. On y recense près de 900 espèces végétales (dont l’immortelle et le pin d’Alep) et des oiseaux rares comme le faucon pèlerin ou l’aigle de Bonelli, mentionné comme un couple unique sur le secteur. Le tout dans un climat méditerranéen parmi les plus secs, où le moindre dérèglement se paie cash sur la flore.
La présidente de l’association Union Calanques Littoral, Madeleine Barbier, résume la forme même du littoral : « ici, le littoral est creusé de profonds canyons, appelés Calanques, taillés dans le calcaire dur, bordés de falaises d’une blancheur éclatante, parmi les plus hautes de France, avec quelques pins intrépides s’accrochant à la pente. Ce sont des vallées ennoyées lors de la remontée des eaux, à la fin de la dernière glaciation. » Cette vulnérabilité se mesure aussi à la fréquentation : près d’1 million de visiteurs par an sur le massif, dont 65 % de Marseillais.
Pour préparer votre sortie et vérifier les règles du moment, gardez sous la main le site du Parc national des Calanques. Vous y retrouvez notamment les informations liées aux accès et à la découverte des calanques selon les portes d’entrée, dont Cassis et La Ciotat.
Découvrir à pied entre terre et mer
Les calanques se gagnent au rythme des semelles. Le tracé le plus connu, le GR 98-51, relie Marseille à Cassis sur 28 km, en épousant le littoral puis en grimpant sur les crêtes. Les sentiers sont souvent caillouteux et parfois escarpés : avancez léger, emportez de l’eau, et évitez de viser une grosse distance si vous ne connaissez pas votre allure sur terrain rocheux.
À La Ciotat, l’intérêt est ailleurs : une randonnée courte qui mène rapidement à Figuerolles, idéale pour une demi-journée entre baignade et marche. Cette simplicité d’accès fait aussi la différence quand la météo est incertaine : vous restez proche du centre-ville, tout en profitant d’un vrai décor minéral.
Un supplément culturel et historique, entre Cassis et La Ciotat
À Cassis, la calanque de Port-Miou raconte une autre histoire, industrielle. C’est un abri naturel pour plus de 500 bateaux et une ancienne carrière de calcaire exploitée dès l’Antiquité et jusqu’aux années 80, d’où est sortie la « Pierre de Cassis ». Elle a notamment servi à la construction du phare de Cassis, des quais d’Alexandrie et du canal de Suez, et on distingue encore des traces sur les falaises.
Sur le port de Cassis, l’étape peut être gourmande et très concrète. Le restaurant Chez Gilbert sert une bouillabaisse annoncée à 50 €, en revendiquant la charte de la bouillabaisse marseillaise, pratique pour mettre un prix sur un plat souvent flou. Pour la vue, la pointe des Lombards se rejoint en 15 minutes à pied depuis le centre-ville.
Revenez à La Ciotat pour finir sur une note de patrimoine vivant : l’Éden Théâtre y est présenté comme le plus ancien cinéma encore en activité. Un détour facile après les calanques, quand la lumière baisse et que les rochers se teintent d’ocre au-dessus du vieux port.
Informations pratiques pour votre exploration
Visez le bon créneau. La période la plus agréable se joue au printemps, de mars à mai, quand les températures sont plus douces et que la flore repart, notamment dans la garrigue. L’été concentre les flux et les contraintes : partez tôt si vous tenez à une baignade tranquille.
Bonne nouvelle côté budget : l’accès au Mugel et à Figuerolles est gratuit, comme les sentiers de randonnée. Pour un cadrage plus large sur le littoral provençal et les grands repères du secteur, vous pouvez aussi consulter Provence-Alpes-Côte d’Azur Tourisme.
Sur place, gardez un plan simple : vieux port de La Ciotat, marche de 10 à 20 minutes vers l’une des 2 calanques, baignade si la mer est calme, puis retour en ville pour l’Éden Théâtre. Si vous hésitez sur la saison, retenez ce repère facile : mars à mai pour marcher sans subir la foule et profiter des floraisons.