De Cassis à La Ciotat, la Route des Crêtes joue les faux airs de road trip américain, comme si la Méditerranée avait emprunté les codes de la Pacific Coast Highway. Ailleurs, la Highway 1 déroule ses 1 050 km entre Leggett et Dana Point, et l’on comprend pourquoi ces rubans d’asphalte font partie des mythes de voyage. Entre brume d’été et lumières plus nettes du printemps ou de l’automne, chaque saison change la lecture du paysage et la manière de l’aborder. Falaises, forêts, déserts, belvédères, tout se répond de rive en rive, à condition d’accepter de prendre son temps.
La Méditerranée joue la carte du minéral, sec et tranchant. La Californie répond par l’ampleur, les changements d’échelle, l’enchaînement des climats. Deux façons de voyager par la route, deux rythmes, mais le même réflexe au volant : ralentir, se garer souvent, marcher 10 minutes, reprendre. Ici, une corniche au-dessus des calanques entre Cassis et La Ciotat. Là-bas, la Pacific Coast Highway et ses dérivés, jusqu’au désert de Death Valley.
Entre Cassis et La Ciotat, une route qui tutoie la Méditerranée
Ça démarre vite. Entre Cassis et La Ciotat, la Route des Crêtes s’accroche au relief et aligne les virages au-dessus de l’eau, avec la roche qui prend des teintes rouges selon la lumière. Le décor se lit en plans nets : falaises abruptes, calanques entaillées, mer ouverte.
Le parcours se fait en voiture ou à moto sur environ 15 km, parfait pour une demi-journée si vous prenez le temps de multiplier les arrêts aux points de vue. Prévoyez une marge : sur ce genre de route, 1 arrêt en appelle 3, puis 10. Visez le printemps ou l’automne pour éviter l’afflux estival et retrouver une conduite plus fluide, surtout dans les sections les plus sinueuses.
Routes panoramiques californiennes : un voyage par étapes
Changement de continent, changement d’échelle. La Highway 1 s’impose en tronçons, et celui entre Monterey et Lucia concentre l’esprit Big Sur : l’océan d’un côté, les chaînes de montagnes de l’autre. Karolane Lessard conseille de la parcourir du nord au sud « afin d’avoir pleine vue sur l’océan » et recommande le printemps ou l’automne pour un ciel plus dégagé, l’été pouvant être brumeux.
Sur cette portion, cale votre liste d’arrêts avant de partir : la région de Big Sur, les McWay Falls dans le parc d’État Julia Pfeiffer Burns, Pfeiffer Beach et la 17-Mile Drive près de Carmel. Pierre Brouwers décrit d’ailleurs ce début de parcours comme une route privée « qui s’enroule le long d’un littoral » ponctué de belles plages et de golfs, avant que « falaises » et points de vue ne s’enchaînent.
Pour quitter la côte et entrer dans la forêt, visez la Redwood Highway au nord de la Californie. Elle traverse une forêt de séquoias géants annonçant des hauteurs entre 90 et 150 mètres, et déroule environ 280 km de route. L’arrêt incontournable se fait au Jedediah Smith State Park : la Howland Hill Road traverse le parc sur 10 km, avec une contrainte claire, les gros camping-cars n’y sont pas admis.
À Yosemite, la Tioga Road change encore la bande-son : prairies alpines, lacs cristallins et points de vue vertigineux. La route fait environ 160 km et se parcourt entre mai et octobre, pas en hiver à cause des quantités de neige qui entraînent sa fermeture. Sur l’itinéraire, cochez Olmstead Point, Tenaya Lake et les prairies de Tuolumne Meadows.
Enfin, cap sur le minéral avec la Death Valley Scenic Byway dans Death Valley National Park. La route panoramique traverse « deux cols de montagnes » avant de vous retrouver « sous le niveau de la mer », avec des arrêts emblématiques comme Dante’s View et Badwater Basin. Karolane Lessard ajoute le repère du lac Manly, asséché depuis plus de 10 000 ans.
Rim of the World Scenic Byway : l'autre visage de la Californie
À quelques heures de l’océan, la Californie se relève en altitude. La Rim of the World Scenic Byway déroule 177 km de route panoramique dans l’Inland Empire, en direction de Big Bear Lake. Le départ se fait à Cajon Pass, sur la Highway 138, entre les montagnes de San Bernardino et celles de San Gabriel.
Sur la Highway 138, visez un arrêt au point de vue du Lac Silverwood pour une vue sur le lac, puis bifurquez vers Lake Arrowhead via la Route 173. Le secteur se prête à une nuit au Lake Arrowhead Resort & Spa, avec kayak, feu de camp et massages selon les options du lieu. Sur place, vous pouvez aussi marcher un tronçon de Pacific Crest Trail d’environ 11 km depuis le lac.
À Lake Arrowhead, glissez une halte au Shop Road Trip : poteries faites main, attrapes-rêve, tapis vintage et pulls réalisés par les peuples autochtones de la région y sont mentionnés comme des trouvailles possibles. Puis prenez la route 18 vers Big Bear Lake Village et ses ambiances de montagne. Pour le petit-déjeuner ou le déjeuner, Big Bear Local sert une cuisine « californienne fusion hawaïenne » : teriyaki, poké, açai bowl, avec un latte aux marshmallows.
Quand vous voulez passer à l’action, Action Tours organise notamment des excursions en tyrolienne : un circuit de 3 h composé de 9 parcours. Et si vous préférez marcher, le sentier de Castle Rock propose une randonnée parfois escarpée de 5 km, entre rochers de granit, pins de Ponderosa et cèdres, avec vue annoncée sur Big Lake.
Précisions pratiques pour votre voyage californien
La Pacific Coast Highway correspond à la California State Route 1 : elle relie officiellement Leggett à Dana Point sur 1 050 km selon une source, et 1 055 km selon Pierre Brouwers. Pour l’expérience de conduite, gardez une règle simple : partez du nord vers le sud, afin de profiter des vues côté océan et de vous arrêter plus facilement aux belvédères.
Côté timing, la route se prête à plusieurs formats : 3 jours pour un trajet rapide, jusqu’à 14 jours pour un voyage détaillé avec escales. À intégrer dans votre fil rouge : Mendocino, Glass Beach à Fort Bragg, Monterey, Santa Barbara et Hearst Castle. Pierre Brouwers signale aussi un arrêt à Piedras Blancas, où « les elephant seals » viennent « par centaines » se reposer.
Routes à histoires : la culture et l’emblématique Highway 1
La PCH n’est pas qu’un ruban d’asphalte photogénique : elle est inscrite au registre des American Scenic Byways (1998) et des All American Roads (2002), deux distinctions américaines qui mettent en avant sa valeur paysagère, historique et culturelle. Sur la côte nord, un détour par Bodega Bay accroche la route à l’histoire du cinéma : Alfred Hitchcock y a tourné Les Oiseaux en 1963. La route se lit alors comme un montage alterné, entre villages côtiers, falaises et mémoires de tournage.
Pour caler votre calendrier, retenez un duo simple et efficace : sur la Highway 1, privilégiez printemps et automne pour limiter le brouillard sur certains tronçons, et gardez la Tioga Road pour une fenêtre mai à octobre seulement.