Du citron noir séché qui revient tout le temps, un peu comme une signature. Et puis le café, les dattes, les douceurs au safran… bref.
Si tu te demandes quoi manger sur place, ou quoi commander sans te tromper, voilà 10 spécialités bahreïnies à goûter. Avec quelques repères, parce que les noms, parfois, ça ne dit rien. Et parce que oui, certains plats changent un peu d’une famille à l’autre.
1. machboos (le plat national, celui qu’on te sert partout)
Le machboos, c’est souvent le premier plat qu’on te conseille. Et pour une bonne raison. C’est le grand plat de riz épicé, cuit avec de la viande ou du poisson, et parfumé avec un mélange d’épices très Golfe. Cardamome, cannelle, clous de girofle, laurier, parfois un soupçon de safran… et presque toujours du loomi, ce citron noir séché qui donne une acidité fumée, unique.
En version la plus classique, tu as :
- machboos laham : avec de l’agneau (très fondant quand c’est bien fait)
- machboos dajaj : avec du poulet
- machboos samak : avec du poisson, souvent du hamour (mérou)
Ce qui fait la différence, c’est la cuisson du riz. Il doit rester long, parfumé, pas collant. Et la viande doit s’effilocher. Souvent, on sert ça avec une sauce tomate un peu relevée (daqoos), et parfois une salade simple pour couper la richesse.
Petit conseil de terrain : si tu vois « machboos avec crevettes », prends. Ça marche trop bien avec le loomi.
2. muhammar (riz sucré-salé, un peu caramélisé)
Le muhammar, c’est l’autre grand riz incontournable. Mais ici, on est sur du sucré-salé. Le riz est cuit avec du sucre (ou du sirop de dattes), parfois un peu de cannelle, et il prend une couleur ambrée. On le sert très souvent avec du poisson frit ou grillé. Le contraste est exactement le but.
Ça peut surprendre si tu t’attends à un riz neutre. Mais une fois que tu comprends le truc, tu te dis que c’est logique. Le Golfe adore ces équilibres. Et à Bahreïn, avec les produits de la mer, c’est encore plus évident.
À goûter si tu veux quelque chose de très local, pas juste « un plat de riz de plus ». Et si tu aimes les saveurs un peu rondes, profondes.
3. harees (le plat de patience, surtout pendant le ramadan)
Le harees, c’est un plat très ancien. Une sorte de porridge salé, épais, fait de blé concassé (ou de blé entier selon les versions) longuement cuit avec de la viande, souvent du poulet ou de l’agneau. Ça mijote des heures, jusqu’à devenir crémeux, presque soyeux, sans morceaux nets. On termine avec du ghee (beurre clarifié) et parfois un peu de cannelle.
Dit comme ça, certains imaginent un truc fade. Mais non. Quand c’est bien assaisonné, c’est réconfortant, sérieux, et assez élégant dans sa simplicité.
C’est très présent pendant le ramadan et les grandes occasions, mais tu peux en trouver hors saison dans certains restaurants traditionnels. Si tu veux comprendre la cuisine « maison » du pays, c’est un passage obligé.
4. thareed (le plat qui ressemble à un ragoût sur du pain)
Le thareed, c’est un ragoût d’agneau ou de poulet avec légumes, servi sur des morceaux de pain très fin (style khubz ou regag) qui absorbent la sauce. Le pain devient tendre, comme des couches. Ça se mange à la cuillère, ou avec la main selon le contexte.
On retrouve souvent :
- pommes de terre
- carottes
- courge ou courgette
- pois chiches
Et là encore, les épices sont présentes mais pas agressives. C’est un plat de famille. Un plat qui tient au corps. Le genre de truc qu’on partage, où le centre de la table devient le plat.
Si tu es du genre à aimer les plats mijotés, tu vas être bien.
5. balaleet (vermicelles sucrés + omelette, oui, ensemble)
Balaleet, c’est typiquement le plat qui fait lever un sourcil. C’est un petit-déjeuner ou brunch très populaire : des vermicelles sucrés (souvent parfumés à la cardamome, à l’eau de rose, parfois au safran), surmontés d’une omelette fine. Sucré et salé, encore. Et c’est étonnamment harmonieux.
Ce n’est pas un dessert. Ce n’est pas vraiment un plat salé non plus. C’est entre les deux. Et c’est ça qui est intéressant.
Si tu veux tester quelque chose de vraiment bahreïni, sans tomber dans le cliché « kebab et houmous », commande balaleet le matin, avec un thé au lait (karak). Là tu commences à sentir le pays.
6. mezze du Golfe (houmous, moutabal, mais aussi des trucs plus locaux)
Le terme « mezze » est très large, et oui, on retrouve les grands classiques du Levant. Mais à Bahreïn, le mezze est souvent adapté, parfois plus simple, parfois plus relevé, et surtout très convivial.
À chercher sur une table de mezze :
- houmous : pois chiches, tahini, citron
- moutabal : aubergine fumée, tahini
- taboulé : persil, tomate, boulgour (plus ou moins)
- warak enab : feuilles de vigne farcies
- falafel : plutôt croustillants, souvent servis chauds
- sambousek : petits chaussons frits, viande ou fromage
- kebbeh : parfois présent, selon les influences
Et parfois tu tombes sur des sauces plus « Golfe », ou des salades avec mélasse de grenade, ou des pickles plus marqués. Le mieux, c’est de commander un assortiment, puis d’ajouter un plat principal bahreïni derrière. Sinon tu restes sur une entrée « région MENA » assez générique.
Astuce : si le restaurant propose du pain regag (très fin, presque comme une crêpe croustillante), prends. Ça change tout avec les dips.
7. shawarma et grillades (oui, mais version locale, et ça dépanne toujours)
On ne va pas faire semblant : tu vas voir du shawarma partout. Et c’est normal, c’est la street-food de base. Poulet ou viande, roulé, avec ail, pickles, parfois frites dedans. Très bon quand c’est fait minute, beaucoup moins quand ça traîne.
Ce qui est agréable à Bahreïn, c’est que tu as souvent aussi :
- brochettes d’agneau bien épicées
- poulet grillé mariné
- kefta
- poissons grillés selon les quartiers
Ce n’est pas « la spécialité rare », mais si tu veux manger vite et bien, c’est efficace. Et parfois, tu tombes sur un endroit qui maîtrise la marinade, la cuisson au charbon, et là, ça devient un vrai repas, pas juste un snack.
8. samboosa (le petit triangle frit que tu grignotes sans t’arrêter)
La samboosa (ou sambousek), tu la vois beaucoup pendant le ramadan, mais pas seulement. Ce sont des petits chaussons frits, triangulaires, farcis. Viande hachée épicée, fromage, légumes, parfois lentilles.
C’est croustillant, chaud, salé. Et c’est le genre de chose qui disparaît en 30 secondes sur une table.
Si tu as l’occasion d’en goûter fait maison, fonce. Les versions industrielles existent, mais la pâte et la farce n’ont rien à voir. Une bonne samboosa doit être légère, pas grasse, et bien assaisonnée.
9. halwa bahreïni (la douceur collante, brillante, au safran et à l’eau de rose)
La halwa de Bahreïn est spéciale. Déjà, elle est souvent plus gélatineuse, plus brillante que certaines halwas que tu connais peut-être. Elle est parfumée, sucrée, parfois très sucrée, au safran, à l’eau de rose, à la cardamome. On y trouve des noix, des amandes, parfois des pistaches.
On la sert en petits morceaux. Et honnêtement, c’est mieux comme ça. Parce qu’un gros bloc, ça fatigue vite.
À acheter dans une boutique spécialisée, ou sur un marché. Et à manger avec du café arabe (qahwa), pas avec un soda. Le contraste amer du café est nécessaire, sinon tu satures.
Si tu ramènes un souvenir comestible, la halwa bahreïni est une bonne idée. Ça voyage bien.
10. luqaimat (boules frites au sirop, le dessert qui met tout le monde d’accord)
Les luqaimat, ce sont des petites boules de pâte frites, dorées, croustillantes dehors, moelleuses dedans, puis arrosées de sirop de dattes (dibs) ou de miel. Parfois on ajoute du sésame, parfois une touche de safran.
C’est simple. Et c’est addictif.
Tu les trouves en dessert dans plein d’endroits, et encore plus pendant le ramadan. Le mieux, c’est quand c’est servi chaud, avec le sirop juste versé. Là, tu n’as plus besoin d’argument.
Si tu dois choisir un dessert bahreïni sans réfléchir, prends luqaimat.
bonus : 5 choses à boire et à grignoter qui comptent vraiment
Parce qu’on parle de nourriture, mais à Bahreïn, les boissons et les petites choses autour du repas font partie de l’expérience. Et ça, on l’oublie.
qahwa (café arabe) + dattes
Le café arabe, léger, parfumé à la cardamome, se boit en petites tasses. On te ressert souvent. Et les dattes ne sont pas juste « un snack », c’est un rituel d’accueil. Goûte plusieurs types si tu peux, certaines sont plus caramélisées, d’autres plus fruitées.
karak (thé au lait épicé)
Le karak, c’est sucré, lacté, réconfortant. Thé noir, lait, sucre, cardamome, parfois gingembre. C’est populaire partout dans le Golfe, et ça marche très bien avec un petit-déjeuner comme balaleet, ou même seul, en fin d’après-midi.
laban (boisson yaourt, fraîche, un peu salée)
Le laban, c’est l’anti chaleur. Une boisson à base de yaourt, parfois salée, parfois nature. Très pratique si tu manges épicé, ou si tu veux juste quelque chose de frais sans sucre.
pickles et sauces piquantes maison
Souvent sur la table, sans que tu demandes. Des pickles bien vinaigrés, parfois pimentés, et des sauces tomate relevées. Ne les ignore pas. Ça transforme un machboos, ça réveille un sandwich, ça équilibre un plat gras.
pain regag et khubz frais
Le pain, ici, c’est un outil. Pour attraper, pour saucer, pour faire une bouchée parfaite. Le regag est très fin, parfois croustillant, parfois plus tendre selon comment il est servi. Le khubz est plus classique. Dans les deux cas, quand c’est frais, c’est dangereux.
où goûter ces plats à Bahreïn (sans trop se compliquer la vie)
Tu as plusieurs options, et elles ne se valent pas toutes selon ce que tu cherches.
- Restaurants bahreïnis traditionnels : parfait pour machboos, harees, thareed, muhammar. Demande ce qui est « fait aujourd’hui », parce que certains plats sont meilleurs quand ils sortent de la marmite, pas réchauffés.
- Cafés et petits spots de petit-déjeuner : là tu trouveras balaleet, karak, parfois luqaimat.
- Marchés et boutiques de douceurs : pour halwa bahreïni, dattes, parfois des versions artisanales de luqaimat selon la saison.
- Street-food : shawarma, samboosa, grillades. C’est là que tu manges vite, et parfois très bien.
Et oui, si tu es invité chez quelqu’un, tu auras souvent la version la plus mémorable. Parce que ces plats sont faits pour la table familiale, pas juste pour une assiette Instagram.
comment commander sans se tromper (mini guide, vraiment utile)
Quelques phrases simples à garder en tête, surtout si tu lis un menu sans photo.
- Si tu vois « loomi » : attends-toi à une note citronnée fumée, un peu acidulée.
- Si tu vois « dibs » : c’est du sirop de dattes, donc sucré, profond, presque caramel.
- Si tu hésites entre machboos poulet et poisson : prends poisson au moins une fois, Bahreïn a une vraie culture maritime.
- Si tu veux goûter plusieurs choses sans exploser : mezze + un plat de riz à partager, puis un dessert. C’est le meilleur combo.
Et n’aie pas peur de demander au serveur ce qui est le plus « local ». Pas « le plus populaire ». Local. La nuance change tout.
pour résumer, si tu n’as le temps que pour 3 plats
Parce que parfois on a 24 heures, ou juste 2 repas, et on veut viser juste.
- machboos (idéalement poisson ou crevettes)
- balaleet au petit-déjeuner, avec karak
- luqaimat en dessert, chaud si possible
Et si tu peux rajouter un quatrième, prends halwa bahreïni à emporter. Tu la mangeras plus tard avec un café, et tu auras un petit retour instantané à Bahreïn, même loin.
Voilà. Bahreïn se goûte beaucoup dans les plats simples, ceux qui ont mijoté, ceux qui ont une logique de partage. Et c’est ça qui rend le voyage agréable. Tu manges, tu prends ton temps, tu reviens au riz, aux épices, aux dattes. Puis tu recommences.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce que le machboos et pourquoi est-il considéré comme le plat national de Bahreïn ?
Le machboos est un grand plat de riz épicé, cuit avec de la viande ou du poisson, parfumé avec un mélange d'épices typiques du Golfe comme la cardamome, la cannelle, les clous de girofle, le laurier et surtout le loomi (citron noir séché). Il est très populaire à Bahreïn et se décline en plusieurs versions : agneau (machboos laham), poulet (machboos dajaj) ou poisson (machboos samak). La cuisson parfaite du riz long et parfumé ainsi que la viande fondante en font un incontournable à goûter sur place.
Quelle est la particularité du muhammar, ce plat de riz sucré-salé bahreïni ?
Le muhammar est un riz cuit avec du sucre ou du sirop de dattes, parfois aromatisé à la cannelle, lui donnant une couleur ambrée et une saveur sucrée-salée caramélisée. Il est traditionnellement servi avec du poisson frit ou grillé, créant un contraste de saveurs très apprécié dans la cuisine du Golfe. Ce plat offre une expérience gustative locale unique qui sort des plats de riz classiques.
En quoi consiste le harees et quand est-il traditionnellement consommé à Bahreïn ?
Le harees est un plat ancien fait de blé concassé cuit lentement avec de la viande (agneau ou poulet) jusqu'à obtenir une texture crémeuse et soyeuse sans morceaux distincts. On y ajoute souvent du ghee et parfois un peu de cannelle. C'est un plat réconfortant et élégant dans sa simplicité, très populaire pendant le Ramadan et les grandes occasions, mais aussi disponible en dehors de ces périodes dans certains restaurants traditionnels.
Qu'est-ce que le thareed et comment se déguste-t-il ?
Le thareed est un ragoût d'agneau ou de poulet aux légumes (pommes de terre, carottes, courge ou courgette, pois chiches) servi sur des morceaux de pain fin comme le khubz ou regag qui absorbent la sauce. Le pain devient tendre et imbibé des saveurs du ragoût. Ce plat familial se mange à la cuillère ou à la main selon le contexte et symbolise le partage autour d'un repas mijoté généreux.
Quels ingrédients typiques sont souvent utilisés dans les plats bahreïnis pour relever les saveurs sans trop piquer ?
Les plats bahreïnis utilisent fréquemment des épices aromatiques comme la cardamome, la cannelle, les clous de girofle, le laurier ainsi que le loomi (citron noir séché) qui apporte une acidité fumée unique. Ces épices chauffent les papilles sans forcément piquer fort, offrant des saveurs riches mais équilibrées typiques du Golfe.
Quels desserts ou accompagnements sucrés traditionnels peut-on trouver à Bahreïn ?
À Bahreïn, on trouve souvent des douceurs au safran ainsi que des dattes servies avec le café traditionnel. Ces accompagnements sucrés reflètent l'hospitalité arabe généreuse et complètent parfaitement les repas salés en apportant une touche sucrée délicate typique de la région.

