Ici, la monnaie officielle est le franc CFA d’Afrique de l’Ouest, le XOF. Même si tu viens d’un pays où la carte passe partout, où tu retires à n’importe quelle heure, où tu payes ton café sans y penser… en Guinée-Bissau, ça ne se passe pas comme ça. On peut voyager très confortablement, oui. Mais en pratique, le cash reste roi, surtout dès que tu sors de Bissau ou des gros hôtels.
Je te détaille tout, calmement : la monnaie, le change, les retraits, le paiement par carte, les pourboires, et deux trois erreurs classiques à éviter.
Franc CFA (XOF) : la monnaie en Guinée-Bissau
La Guinée-Bissau utilise le franc CFA de l’UEMOA, code XOF. C’est la même monnaie que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Togo, le Bénin et le Mali (oui, je le répète souvent parce qu’on me demande « mais c’est le même CFA que le Cameroun ? » non, ça c’est le XAF, Afrique centrale).
Concrètement, ça veut dire quoi pour toi ?
- Les billets et pièces sont standardisés dans la zone.
- En théorie, si tu arrives du Sénégal avec des XOF, tu peux les utiliser en Guinée-Bissau sans souci.
- Dans la vraie vie, certains commerçants aiment bien vérifier les billets, surtout si tu arrives avec des grosses coupures et une tête de touriste fatigué.
Coupures et petites pièces : un vrai sujet au quotidien
Tu vas vite voir que la petite monnaie, c’est précieux.
Les coupures courantes : 500, 1 000, 2 000, 5 000, 10 000.
Les pièces existent, mais ne compte pas trop dessus pour te « sauver » sur un marché.
Dans les taxis, les petites gargotes, les pirogues, les marchés, les vendeurs de cartes SIM, les pourboires… si tu sors un billet de 10 000 XOF pour payer un truc à 1 500, tu risques d’avoir : soit pas de monnaie, soit une discussion, soit une solution créative qui t’arrange moyennement.
Mon conseil simple : dès que tu peux, casse tes grosses coupures. Dans une station, un supermarché, un hôtel, une banque. Pas à 23 h dans une rue sombre, évidemment.
Taux de change : à quoi s’attendre
Le XOF est arrimé à l’euro, avec un taux fixe : 1 EUR = 655,957 XOF.
Ça ne veut pas dire que tu vas « changer à ce taux ». Les bureaux de change et banques appliquent une marge, et parfois des frais.
Si tu comptes ton budget, retiens une règle pratique :
1 EUR ≈ 650 à 655 XOF au mieux, et parfois moins selon le point de change.
Euro ou dollar : quoi emmener ?
L’euro est généralement le plus simple, vu l’arrimage. Le dollar peut être accepté dans certains contextes touristiques, mais ça dépend beaucoup des endroits, et le taux appliqué peut être moins intéressant.
Si tu dois choisir une seule devise à emporter en liquide : l’euro.
Et un détail qui a l’air bête mais qui compte : emmène des billets en bon état. Pas déchirés, pas trop anciens, pas écrits au stylo. Certains guichets ou changeurs refusent.
Où changer de l’argent en Guinée-Bissau
On peut changer à plusieurs endroits, mais tout n’a pas le même niveau de sécurité, ni le même taux, ni la même simplicité.
Banques : plus rassurant, parfois plus lent
Les banques peuvent changer de l’argent, surtout à Bissau. C’est généralement plus « officiel », tu as un reçu, et tu limites le risque de faux billets.
Mais… ça peut être lent. Et il faut parfois un passeport, parfois remplir un papier, parfois attendre que « la personne responsable » revienne. Le genre de moment où tu te dis que tu aurais dû faire ça la veille.
À prévoir : horaires réduits, et le fait que certaines banques peuvent être à court de cash, surtout de petites coupures.

Bureaux de change et hôtels : pratique, mais compare
Certains hôtels changent des euros en XOF. C’est pratique quand tu arrives tard ou que tu veux juste de quoi tenir une journée.
Par contre, le taux est souvent moins bon. Pas toujours. Mais souvent.
Mon approche : je change un petit montant à l’arrivée (transport, repas, SIM), puis je cherche une option plus avantageuse le lendemain.
Change informel : ça existe, mais prudence
Dans beaucoup de pays, il existe des changeurs « hors circuit ». En Guinée-Bissau aussi. Tu peux croiser des gens qui proposent spontanément.
Je ne vais pas faire la morale. Je vais juste dire ce que je pense vraiment : si tu ne connais pas, si tu n’es pas accompagné par quelqu’un de fiable, évite. Le risque, c’est les faux billets, la mauvaise surprise sur le taux, ou le fait de te retrouver à manipuler beaucoup de cash dans un endroit pas idéal.
Si tu le fais malgré tout : compte devant la personne, vérifie les billets, ne montre pas tout ton argent, et fais ça en plein jour, dans un endroit vivant. Voilà.
Retraits d’argent : distributeurs, limites, frais
La question qu’on me pose le plus : « Est-ce que je peux retirer au distributeur ? »
Réponse : oui, mais ne base pas tout ton voyage là-dessus.
Distributeurs (DAB) : surtout à Bissau
À Bissau, tu trouveras des distributeurs. En dehors, c’est beaucoup plus rare, voire inexistant selon ta destination (et si tu vas vers les Bijagos, par exemple, c’est un autre monde côté cash).
Ce qu’il faut intégrer :
- Un DAB peut être en panne.
- Il peut ne plus avoir de billets.
- Il peut refuser ta carte sans explication.
- Le réseau peut tomber, donc pas d’autorisation, donc pas de retrait.
- Les retraits peuvent être plafonnés.
Le bon réflexe : quand tu trouves un DAB qui fonctionne, retire ce dont tu as besoin pour quelques jours, pas juste pour « ce soir ».
Frais : attention au double impact
Tu peux avoir :
- des frais côté banque locale ou DAB,
- et des frais côté ta banque (ou ton réseau de carte).
Le résultat : tu retires 100 000 XOF, et tu vois une ligne de frais qui pique.
Avant de partir, vérifie les conditions de ta carte à l’international. Certaines banques et cartes de voyage réduisent clairement la douleur sur les frais de change et de retrait.
Sécurité au retrait : fais simple
- Retire en journée.
- Évite les endroits vides.
- Range l’argent avant de bouger, pas en plein milieu du trottoir.
- Ne compte pas tes billets en public.
Ce n’est pas spécifique à la Guinée-Bissau, mais c’est encore plus vrai quand le cash est ton plan A.
Paiement par carte bancaire : possible, mais pas garanti
À Bissau, dans certains hôtels, restaurants plus « internationaux », ou agences, la carte peut passer. Mais ça reste une exception, pas une norme.
Et même quand c’est affiché « Visa accepted », tu peux avoir :
- un terminal en panne,
- un manque de réseau,
- un supplément pour paiement carte,
- ou un minimum de dépense.
Bref, la carte est utile, mais ce n’est pas une béquille fiable.
Visa ou Mastercard ?
En pratique, Visa est souvent un peu plus largement acceptée dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, mais ça varie selon les banques et terminaux.
L’idéal, si tu peux : avoir deux cartes (deux réseaux différents si possible), rangées séparément. Et une petite réserve en cash.
Paiement sans contact et Apple Pay : n’y compte pas
Ça peut exister dans des endroits très spécifiques, mais si tu voyages en te disant « j’ai juste mon téléphone », tu vas vite redescendre. Ici, le cash reste le plan qui marche.
Combien d’argent liquide prévoir ?
Ça dépend de ton style de voyage, évidemment. Mais je peux te donner une logique.
Pose-toi ces questions :
- Tu restes à Bissau, hôtels, restaurants, quelques taxis ?
- Tu pars en régions, villages, plages, îles ?
- Tu fais un départ vers l’archipel des Bijagos ?
- Tu veux payer guides et pirogues, marchés, petits hébergements ?
Plus tu sors de Bissau, plus tu dois être autonome en cash.
En général, pour voyager tranquille :
- garde toujours de quoi payer 2 à 4 jours sans retrait,
- et évite d’être à zéro en petites coupures.
Une stratégie bête mais efficace : sépare ton cash en 2 ou 3 endroits (sac principal, pochette, bagage). Pas tout dans le même portefeuille.
Budget sur place : ordres de grandeur
Les prix bougent, et ça dépend de la saison, du lieu, et de ton niveau de confort. Mais pour te donner une idée :
- un repas simple local peut être très abordable,
- un restaurant plus « touristique » grimpe vite,
- les transports se négocient parfois,
- et l’éloignement fait monter certains coûts (surtout sur les îles).
Ce n’est pas un pays où tu payes tout au centime près. Tu discutes, tu ajustes, tu fais au mieux. Et tu gardes un peu de marge.
Pourboires : usage, montants, et comment le faire sans te compliquer la vie
La culture du pourboire existe, mais ce n’est pas une machine automatique comme dans certains pays. Disons plutôt : c’est apprécié, et parfois attendu dans le tourisme, mais personne ne va t’insulter si tu ne laisses rien pour un café.
Le plus important, c’est de rester cohérent et respectueux. Et de ne pas sortir des montants qui cassent complètement les repères locaux.
Restaurants
Si service correct dans un resto touristique : tu peux laisser un petit pourboire, souvent en arrondissant la note, ou quelques centaines à 1 000 XOF selon l’addition et le niveau du lieu.
Dans une petite cantine locale, l’arrondi suffit souvent, ou rien du tout si tu es sur un tarif très bas. C’est toi qui vois.
Hôtels
Pour le personnel (porteur, ménage), quelques centaines de XOF peuvent faire plaisir. Surtout si tu restes plusieurs nuits et qu’on s’occupe bien de toi.
Mais là encore, le vrai obstacle c’est la monnaie. Si tu n’as que des 5 000, tu vas hésiter. Donc pense à garder des petites coupures.
Guides, chauffeurs, piroguiers
Ici, le pourboire peut être plus « logique » parce que c’est un service long, parfois fatigant, et souvent un vrai savoir local.
- Pour un guide sur une demi journée ou journée : pourboire selon la qualité, l’effort, et ce que tu as déjà payé.
- Pour un chauffeur : idem, surtout si conduite longue, attente, aide.
Je reste volontairement vague sur les montants exacts, parce que ça dépend énormément de ce que tu as négocié au départ. Mon repère perso : un pourboire doit ressembler à un « merci », pas à un salaire doublé. Et si tu veux donner plus, très bien, mais fais le consciemment.
Comment donner un pourboire
Simplement, en main propre, avec un « obrigado » (merci). Et si tu es une femme : « obrigada ».
Évite le moment gênant où tu demandes devant tout le monde « c’est combien le pourboire ici ? ». Si tu as un doute, tu peux demander discrètement à l’hôtel ou à un autre voyageur.
Petites arnaques et pièges classiques liés à l’argent
Ce n’est pas un pays où tu te fais arnaquer à chaque coin de rue. Mais il y a des situations classiques.
Le taux « spécial touriste »
Quand tu payes en euros ou en dollars directement, on peut te sortir un taux très créatif. Si tu peux, paye en XOF. Et si on te donne un prix en devise étrangère, demande le prix en XOF aussi.
La monnaie qui « manque »
Tu payes, on te rend, et bizarrement il manque 1 000. Ça arrive partout dans le monde, souvent sans méchanceté, parfois si.
Solution : compte ton rendu, calmement, sans agressivité. Et fais-le tout de suite.
Les grosses coupures impossibles à casser
Ça, ce n’est même pas une arnaque, c’est juste la réalité logistique. Si tu n’as que des 10 000, tu vas perdre du temps. Et parfois tu vas payer plus cher juste parce que personne n’a de monnaie et que tu lâches l’affaire.
Encore une fois : petites coupures, petites coupures, petites coupures.
Argent et îles Bijagos : anticipe encore plus
Si tu pars vers l’archipel des Bijagos, considère que :
- le cash est indispensable,
- les paiements par carte sont rares voire inexistants,
- les distributeurs ne sont pas une option fiable,
- et certains services se payent à l’avance ou en une fois (transport, excursions).
Donc, avant de quitter Bissau : fais ton budget, retire ou change suffisamment, et garde une marge. Parce que se retrouver à court de cash sur une île, ce n’est pas juste « chiant », ça peut te bloquer.
Checklist rapide avant de partir
- Avoir un peu de XOF dès l’arrivée, ou des euros faciles à changer.
- Prévoir du cash en quantité suffisante si tu sors de Bissau.
- Avoir des petites coupures, et penser à casser les grosses dès que possible.
- Avoir au moins une carte bancaire, idéalement deux.
- Connaître les frais de ta banque à l’étranger.
- Ne pas compter sur le paiement carte ou le sans contact.
- Pourboires : prévoir des billets de 500 et 1 000 XOF, ça change tout.
Conclusion : voyager tranquille avec le XOF, c’est surtout une question d’organisation
La Guinée-Bissau n’est pas compliquée. Mais elle n’est pas « automatique ». L’argent, c’est pareil.
Si tu arrives en te disant « je verrai sur place, je paierai par carte », tu vas perdre du temps, parfois de l’énergie, et tu vas te retrouver à chercher un DAB comme on cherche de l’eau en rando. Alors qu’en vrai, avec un peu de cash, des petites coupures, et un plan simple pour le change et les retraits, tout devient fluide.
Et tu peux te concentrer sur le reste. Les marchés. Les discussions. La chaleur. Les traversées en pirogue. Le genre de moments où, franchement, la dernière chose que tu veux, c’est compter tes derniers billets au fond de ta poche.
Questions fréquemment posées
Quelle est la monnaie officielle en Guinée-Bissau ?
La monnaie officielle en Guinée-Bissau est le franc CFA d’Afrique de l’Ouest, avec le code XOF. C’est la même monnaie utilisée dans plusieurs pays de la zone UEMOA comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, et d’autres.
Puis-je utiliser des cartes bancaires partout en Guinée-Bissau ?
Non, bien que certaines grandes structures acceptent les cartes, le cash reste roi en Guinée-Bissau, surtout hors de Bissau et des grands hôtels. Il est conseillé d’avoir toujours suffisamment d’espèces sur soi.
Quelles coupures de francs CFA sont recommandées pour voyager en Guinée-Bissau ?
Les coupures courantes sont 500, 1 000, 2 000, 5 000 et 10 000 XOF. Il est important de casser les grosses coupures dès que possible car les petites coupures et pièces sont précieuses pour les petits achats quotidiens comme taxis, marchés ou pourboires.
Quel taux de change puis-je attendre entre l’euro et le franc CFA (XOF) en Guinée-Bissau ?
Le franc CFA est arrimé à l’euro avec un taux fixe officiel de 1 EUR = 655,957 XOF. Cependant, en pratique dans les bureaux de change ou banques, vous pouvez obtenir environ entre 650 et 655 XOF pour un euro selon les marges appliquées.
Faut-il privilégier l’euro ou le dollar américain pour changer son argent en Guinée-Bissau ?
Il est conseillé d’emmener des euros liquides car le XOF est arrimé à l’euro. Le dollar peut être accepté dans certains lieux touristiques mais souvent avec un taux moins avantageux. De plus, veillez à ce que vos billets soient en bon état.
Où puis-je changer mon argent en toute sécurité en Guinée-Bissau ?
Vous pouvez changer votre argent dans les banques à Bissau qui offrent plus de sécurité et des reçus officiels, bien que cela puisse être lent et soumis à certaines conditions. Les bureaux de change et certains hôtels proposent aussi ce service mais il faut comparer les taux et rester vigilant.


