Et ce n’est pas juste une question de taux de change. C’est surtout une question de quotidien.
Parce qu’en Chine, on peut passer une semaine entière sans voir quelqu’un sortir une carte bancaire, et parfois même sans voir de billets. Tout passe par le téléphone. Et si vous arrivez avec du cash et une Visa, vous allez pouvoir vous débrouiller, oui, mais pas sans quelques frottements. Ce guide est là pour ça.
Le yuan, le renminbi, et les mots que vous allez entendre
La monnaie officielle s’appelle le renminbi, abrégé RMB. Ça veut littéralement dire « monnaie du peuple ». Mais dans la vraie vie, tout le monde dit « yuan ».
- Renminbi (RMB) : le nom officiel, celui que vous verrez sur des sites ou des factures.
- Yuan (元) : l’unité principale, comme « euro ».
- Kuai (块) : le mot familier, utilisé à l’oral. Un peu comme dire « balles » en français.
- Jiao (角) : un dixième de yuan.
- Fen (分) : un centième de yuan. Honnêtement, vous en verrez peu.
Donc, si quelqu’un vous dit « 20 kuai », c’est 20 yuans. Même chose, juste plus naturel.
Côté billets et pièces, on trouve des billets de 1, 5, 10, 20, 50 et 100 yuans. Les pièces existent, mais dans les grandes villes, elles sortent de moins en moins. Et encore une fois, le paiement mobile a avalé une bonne partie de tout ça.
Comprendre le taux de change sans se faire un nœud au cerveau
Le taux RMB et EUR varie, évidemment. Le plus simple avant de partir, c’est de retenir une conversion approximative pour avoir un réflexe.
Plutôt que de mémoriser un chiffre exact, retenez une règle simple du moment. Exemple (à vérifier le jour J) : si 1 euro vaut autour de 7 à 8 yuans, alors 100 yuans font environ 13 à 14 euros. Ça vous donne une intuition immédiate.
Sur place, pour vérifier :
- regardez le taux dans une appli type Wise, Revolut, ou même Google,
- comparez ce que propose votre bureau de change, surtout à l’aéroport.
Petit point important : en Chine, le change « au mauvais endroit » peut coûter cher. Pas parce que c’est une arnaque partout, mais parce que les commissions et les taux peu favorables existent encore, surtout dans les zones touristiques.
Où changer de l’argent : options réalistes (et celles à éviter)
Les distributeurs : souvent la solution la plus simple
Retirer au distributeur (ATM) reste très pratique, surtout si vous avez une carte qui limite les frais. Beaucoup d’ATMs acceptent Visa ou Mastercard, mais ce n’est pas garanti partout. Dans les grandes villes, ça passe mieux. Dans des coins plus petits, ça peut devenir un sport.
Conseils concrets :
- privilégiez les banques connues : Bank of China, ICBC, China Construction Bank, Agricultural Bank of China,
- retirez en une ou deux grosses fois plutôt que dix petits retraits, pour limiter les frais fixes,
- gardez toujours un peu de cash en secours, même si vous comptez payer surtout en mobile.
Et oui, votre banque peut bloquer la carte. Donc avant de partir, pensez à signaler le voyage et à vérifier les plafonds.
Les bureaux de change : corrects dans certains lieux, moyens ailleurs
À l’aéroport, vous trouverez des comptoirs. Ça dépanne, mais les taux sont rarement beaux. Les hôtels peuvent aussi proposer un change, parfois carrément mauvais.
Une option plus stable, ce sont les agences bancaires en ville, mais ça peut prendre du temps, avec passeport, formulaires, file d’attente. Ce n’est pas la méthode « je fais ça en 5 minutes avant de sortir ».
Évitez les changeurs informels
Dans certains pays, le change informel est courant. En Chine, c’est une très mauvaise idée. Risque de faux billets, et problème légal potentiel. Franchement, ça ne vaut pas le coup.
Le cash en Chine : encore utile, mais plus roi
Soyons clairs : le cash est toujours légal et accepté. Mais dans les faits, dans certaines situations, on vous regardera comme si vous sortiez un chèque.
Vous pourrez payer en espèces :
- dans les hôtels,
- dans les grands sites touristiques,
- dans beaucoup de restaurants,
- dans les taxis (pas tous, et pas toujours avec envie),
- dans certains magasins.
Mais vous allez tomber sur des cas où ça coince :
- petites échoppes qui n’ont pas de monnaie,
- stands de rue qui font tout au QR code,
- services « modernes » qui veulent uniquement un paiement mobile.
Donc oui, gardez du cash. Mais prévoyez une stratégie mobile, sinon vous allez perdre du temps, et parfois renoncer.
Paiement mobile : le vrai nerf de la guerre
En Chine, les deux géants sont WeChat Pay et Alipay. Les gens paient tout avec ça. Métro, supermarché, bubble tea, marché de nuit, billets de musée, livraison. Et ce qui est déroutant, c’est la fluidité. Un QR code, un bip, c’est fini.
WeChat Pay : utile si vous utilisez WeChat, mais parfois moins simple pour les touristes
WeChat, c’est la super appli de communication. Et WeChat Pay est intégré dedans. Si vous avez déjà WeChat pour parler à des hôtels ou des guides, ça peut être logique de l’activer.
Cela dit, l’expérience touriste varie selon les mises à jour et selon votre banque. Parfois c’est simple, parfois ça demande des vérifications supplémentaires.
Alipay : souvent le plus accessible pour les voyageurs
Alipay a beaucoup travaillé pour l’accueil des cartes étrangères. Dans beaucoup de cas, c’est l’option la plus simple pour un étranger qui veut payer partout rapidement.
Vous l’installez, vous vérifiez votre identité, vous ajoutez une carte, et ensuite vous payez en scannant ou en montrant votre code.
Je vous dis ça de manière honnête : selon votre situation, ça peut prendre 10 minutes… ou vous faire perdre une heure si la vérification n’aime pas votre photo ou si la banque refuse l’opération. Donc faites-le avant de partir, tranquillement, avec une bonne connexion.
Carte étrangère et paiement mobile : ce qu’il faut savoir
Quelques réalités, sans tourner autour :
- certaines cartes passent mieux que d’autres,
- certaines banques bloquent par défaut les paiements « Chine »,
- parfois, un paiement marche un jour, puis le lendemain il échoue sans explication claire.
Le plan raisonnable :
- une carte principale,
- une carte de secours,
- un peu de cash,
- Alipay (et éventuellement WeChat) configuré avant le départ.
Comme ça, même si une pièce du puzzle saute, vous n’êtes pas coincé.
Payer dans les transports : métro, taxis, trains, Didi
Métro et bus : QR codes partout
Dans les grandes villes, l’accès au métro peut se faire via QR code dans Alipay ou WeChat. Certaines villes ont aussi leur propre mini programme. Si vous êtes à l’aise avec le mobile, c’est très simple.
Si vous ne l’êtes pas, ou si votre appli bug, il y a souvent des guichets ou des machines pour acheter des tickets. Mais parfois, la file est longue, et l’interface est uniquement en chinois. Ça se fait, mais ça ralentit.
Taxis : cash possible, mais paiement mobile préféré
Les taxis acceptent souvent l’argent liquide. Le souci, c’est plutôt la monnaie. Un trajet à 23 yuans payé avec un billet de 100… ça peut créer un moment un peu pénible. Pas dramatique, juste fatigant quand on arrive.
Didi : pratique, mais dépend de votre configuration
Didi, c’est l’équivalent d’Uber. Très utilisé. Le paiement se fait dans l’appli, donc il faut que votre moyen de paiement soit accepté. Beaucoup de voyageurs utilisent Didi via Alipay ou via WeChat.
Si vous comptez vous déplacer beaucoup, mettez ça en place tôt, parce que chercher à configurer tout ça à 23 h à l’aéroport, c’est rarement une bonne expérience.
Trains : paiement en ligne ou au guichet
Les trains en Chine sont incroyables, mais l’achat de billets peut être un sujet à part entière. Selon comment vous achetez (plateforme, agence, appli), vous paierez par carte ou via un système intégré. Dans certaines gares, vous pouvez acheter au guichet, mais il faut gérer la langue, la file, et parfois la disponibilité.
Les pourboires en Chine : la règle générale, et les exceptions
La question revient tout le temps : faut-il laisser un pourboire en Chine ?
Réponse générale : non. Le pourboire n’est pas une norme culturelle dans la plupart des situations, et dans certains endroits, il peut même être refusé.
Mais comme toujours, il y a des exceptions, surtout dans un contexte touristique.
Restaurants et cafés
Dans les restaurants locaux, on ne laisse pas de pourboire. Si vous laissez de la monnaie, on peut vous courir après pour vous la rendre. Oui, vraiment.
Dans des restaurants haut de gamme ou orientés étrangers, il peut y avoir :
- des frais de service inclus,
- ou une situation où un petit geste est accepté.
Mais ce n’est pas attendu.
Hôtels
Dans des hôtels internationaux, un pourboire pour le bagagiste peut être accepté, mais ce n’est pas automatique. Dans des hôtels chinois standards, ce n’est pas la norme.
Guides privés, chauffeurs, tours
Là, on entre dans une zone plus flexible.
Si vous avez un guide privé sur une journée entière, ou un chauffeur très serviable, un pourboire est souvent apprécié, surtout si vous êtes dans un circuit clairement touristique. Pas obligatoire, mais apprécié.
Et parfois, vous verrez que les agences donnent des recommandations. Suivez-les si vous voulez jouer la sécurité culturelle.
Que faire si vous voulez remercier quelqu’un ?
Parfois, la meilleure option, ce n’est pas le cash. Ça peut être :
- un avis positif,
- une recommandation,
- ou un petit cadeau symbolique.
Mais si vous donnez de l’argent, faites-le simplement, sans insister si la personne refuse.
Arnaques et pièges classiques liés à l’argent
On ne va pas dramatiser, mais il y a deux ou trois choses à savoir.
Faux billets : rare pour les voyageurs, mais possible
Si vous utilisez peu de cash, vous réduisez déjà le risque. Retirez à un ATM de banque, payez dans des endroits normaux, et évitez les échanges informels.
« On ne peut pas rendre la monnaie »
Ça arrive. Parfois c’est vrai. Parfois c’est une manière de vous pousser à payer en mobile. Dans tous les cas, ayez des petites coupures quand vous pouvez.
Surfacturation dans des zones touristiques
Comme partout, certaines zones touristiques ont des prix gonflés. Ce n’est pas spécifiquement chinois, c’est juste… la vie. Regardez les menus, demandez le prix avant, et utilisez une appli de traduction si nécessaire.
Budget rapide : repères de prix (très approximatifs)
Les coûts varient énormément selon la ville. Shanghai ou Shenzhen, ce n’est pas le même monde qu’une ville plus petite.
Mais pour donner des repères :
- un trajet en métro : souvent quelques yuans
- un repas simple : de 15 à 40 yuans selon le lieu
- un café « occidental » : peut monter vite, parfois 30 à 50 yuans
- une bouteille d’eau : 2 à 5 yuans
- un trajet en taxi court : variable, mais pas forcément cher
Le vrai choc, parfois, ce n’est pas le prix. C’est la vitesse de paiement. Tout le monde scanne, vous vous sentez lent. C’est normal.
Check-list pratique avant de partir (et le premier jour sur place)
Avant de partir :
- vérifiez que votre carte est autorisée à l’international, surtout en Asie
- notez les numéros d’opposition
- installez Alipay (et éventuellement WeChat)
- tentez la vérification d’identité et l’ajout de carte à l’avance
- prévoyez une deuxième carte si possible
À l’arrivée :
- retirez un peu de cash, juste pour respirer
- faites un premier paiement mobile dans un endroit simple (supermarché, café)
- gardez des petites coupures si vous en obtenez
- ne paniquez pas si un paiement échoue, changez juste de méthode
Ce qu’il faut retenir
La Chine fonctionne au yuan, oui. Mais surtout, elle fonctionne au QR code.
Le cash sert encore, mais plutôt comme filet de sécurité. Le change peut se gérer facilement si vous retirez au bon endroit. Et les pourboires, dans l’immense majorité des cas, ce n’est pas une obligation, ni même une habitude.
Si vous faites une seule chose avant de partir, vraiment une seule, configurez un paiement mobile. Vous gagnerez du temps, vous éviterez des situations bêtes, et vous vous sentirez tout de suite plus à l’aise. Et ça, en voyage, ça compte plus qu’on ne l’admet.
Questions fréquemment posées
Quelle est la différence entre le yuan et le renminbi en Chine ?
Le renminbi (RMB) est la monnaie officielle de la Chine, son nom signifie « monnaie du peuple ». Le yuan (元) est l’unité principale de cette monnaie, utilisée au quotidien, un peu comme l’euro en Europe. On utilise aussi des termes familiers comme « kuai » pour parler de yuans de manière informelle.
Comment fonctionne le paiement en Chine au quotidien ?
En Chine, le paiement se fait majoritairement via le téléphone mobile, avec des applications dédiées. Il est possible de passer plusieurs jours sans voir quelqu’un utiliser une carte bancaire ou même des billets. Les paiements par cash et carte Visa sont possibles mais peuvent entraîner quelques difficultés.
Quel taux de change approximatif retenir entre l’euro et le yuan ?
Pour avoir une idée simple, on peut retenir qu'1 euro vaut environ 7 à 8 yuans. Ainsi, 100 yuans correspondent à peu près à 13-14 euros. Il est conseillé de vérifier le taux exact via des applications comme Wise, Revolut ou Google avant de changer d’argent.
Quels sont les moyens sûrs pour changer de l’argent en Chine ?
Les distributeurs automatiques (ATM) dans les grandes villes sont souvent la solution la plus pratique, surtout dans les banques connues comme Bank of China ou ICBC. Il vaut mieux faire un ou deux gros retraits pour limiter les frais. Les bureaux de change officiels en ville sont aussi une option stable mais peuvent être longs. Évitez les changeurs informels pour des raisons légales et de sécurité.
Est-il encore utile d’avoir du cash en Chine ?
Oui, même si le paiement mobile domine, le cash reste légal et accepté. Il est conseillé d’avoir toujours un peu d’argent liquide sur soi en secours car certaines situations peuvent nécessiter du cash et votre carte bancaire peut parfois être bloquée.
Quels conseils donner avant de partir en Chine concernant l’argent ?
Avant de partir, signalez votre voyage à votre banque pour éviter que votre carte soit bloquée et vérifiez vos plafonds de retrait. Apprenez quelques notions sur la monnaie locale (yuan/renminbi), préparez vos applications mobiles utiles pour vérifier les taux de change et privilégiez les retraits dans les banques officielles pour limiter les frais.
