Nourrissante, parfois très grasse (surtout en hiver), centrée sur la viande et les produits laitiers. Peu de légumes, peu d’épices, mais une logique très claire : tenir chaud, tenir longtemps, ne rien gaspiller.
Du coup, si vous vous demandez que manger en Mongolie, je vous propose 10 spécialités à goûter. Certaines sont faciles à aimer tout de suite. D’autres… demandent un petit temps d’adaptation. Mais c’est aussi ça, voyager.
Avant la liste, un truc utile : dans un ger (la yourte), on vous servira souvent du thé au lait salé, des petits « biscuits » secs, et quelque chose à grignoter. Refuser frontalement, c’est maladroit. Prenez au moins une gorgée, un petit morceau. Et ensuite, vous gérez.
1. Buuz : les raviolis mongols à la vapeur
Si vous ne deviez en goûter qu’un, ce serait probablement celui-là.
Les buuz sont des raviolis cuits à la vapeur, généralement farcis au mouton (parfois bœuf), avec oignon, ail, un peu de poivre. La pâte est assez épaisse, bien nourrissante. La farce est juteuse, surtout quand c’est bien fait.
On les mange beaucoup pendant Tsagaan Sar (le nouvel an lunaire mongol), mais on en trouve toute l’année, dans les petites cantines comme dans les restos plus « tourist friendly ».
Comment les manger ? On les prend avec les doigts, on mord doucement pour éviter de se brûler avec le jus. Oui, ça arrive à tout le monde. Même en faisant attention.
2. Khuushuur : le cousin frit, version street food
Le khuushuur, c’est un grand chausson de pâte farci à la viande, puis frit. Plus gras que le buuz, plus croustillant aussi. Et franchement, après une journée dans le vent, c’est pile ce qu’il faut.
On en vend souvent dans des stands, sur les marchés, ou pendant des événements comme Naadam. Là, c’est une ambiance à part : poussière, foule, chevaux, et vous avec votre khuushuur brûlant dans la main.
À noter : il peut être très huileux. Prévoyez des serviettes. Ou acceptez l’idée d’avoir les doigts brillants, c’est la Mongolie.
3. Bansh : les petits raviolis des soupes (et des plats du quotidien)
Les bansh ressemblent à des mini raviolis, souvent plus petits que les buuz, et ils finissent très souvent dans une soupe. C’est un classique du quotidien.
Il existe aussi des banshtai tsai (thé au lait avec bansh). Oui, des raviolis dans du thé au lait salé. Ça surprend. Mais quand on comprend que c’est un repas complet, chaud, énergétique, ça a du sens.
Si vous cherchez quelque chose de simple et très local, commandez une soupe aux bansh. C’est rarement « raffiné », mais c’est authentique. Et ça cale.
4. Tsuivan : les nouilles sautées « à la mongole »
Le tsuivan, c’est souvent le plat qui réconcilie les voyageurs avec la cuisine mongole, surtout si vous commencez à saturer de raviolis.
Ce sont des nouilles (souvent faites maison) sautées avec viande (mouton ou bœuf), oignons, parfois carottes, pommes de terre. Le tout est cuit de manière un peu particulière, à l’étouffée puis sauté, ce qui donne des nouilles à la fois tendres et un peu grillées.
Ça dépend énormément de la personne qui cuisine. Un tsuivan moyen peut être un peu gras et monotone. Un bon tsuivan… c’est vraiment addictif.
5. Khorkhog : la viande cuite avec des pierres brûlantes
Là, on entre dans les plats « expérience ».
Le khorkhog est une cuisson traditionnelle : on met de la viande (souvent mouton, parfois chèvre) dans un grand bidon métallique avec des pierres chauffées à blanc, plus des légumes quand il y en a (pommes de terre, carottes, oignons). On ferme, on laisse cuire. Ça fume, ça sent fort, c’est convivial, et on vous sert ensuite la viande avec le jus.
On vous fera parfois tenir une pierre chaude dans la main, censée « donner de l’énergie ». C’est un geste un peu touristique, mais aussi un moment de partage. Et honnêtement, après la cuisson, les pierres sont fascinantes.
Le goût ? Très fumé, très riche. La viande est tendre, parfois grasse. Il faut aimer le mouton, c’est mieux.
6. Booodog : la cuisson spectaculaire (et pas pour tout le monde)
Le booodog (souvent écrit boodog) est encore plus extrême : on cuit un animal entier, traditionnellement une marmotte (aujourd’hui très réglementée, voire illégale selon les cas) ou plus souvent une chèvre, en chauffant des pierres qu’on place à l’intérieur de la carcasse.
C’est rare, surtout pour un voyageur, et ce n’est pas un plat que vous « commandez » comme ça au restaurant. C’est plutôt un événement, parfois proposé lors de circuits, ou dans certaines familles.
Je le mets ici parce que c’est une spécialité connue, mais aussi parce que ça pose des questions : éthique, légalité, respect de la faune. Si quelqu’un vous propose de la marmotte, renseignez-vous bien. Et si vous n’êtes pas à l’aise, dites non. Simplement.
7. Suutei tsai : le thé au lait salé (l’accueil en tasse)
Le suutei tsai, c’est le thé au lait mongol. Il est salé, parfois un peu beurré. On le sert dans les gers, dans certaines cantines, et dans plein de moments du quotidien.
Ne vous attendez pas à un chai sucré. Ici, c’est plutôt une boisson repas. Une boisson chaleur. Une boisson hospitalité.
Premier contact : beaucoup de gens font une grimace. Deuxième tasse : ça passe mieux. Troisième : vous commencez à comprendre pourquoi c’est partout.
Et si on vous sert un bol, prenez-le à deux mains, ou au moins avec respect. Dans une culture où l’hospitalité est vitale, ça compte.
8. Aaruul : le fromage séché, dur comme un caillou
L’aaruul est probablement l’un des aliments mongols les plus emblématiques. C’est du fromage caillé, pressé, puis séché longtemps. Résultat : une sorte de bonbon lacté, très acide, très dur. Parfois en petits morceaux, parfois en formes décoratives.
Soyons clairs : beaucoup de voyageurs n’aiment pas au début. C’est normal.
L’aaruul se mâche lentement. Très lentement. On peut aussi le sucer, comme un bonbon. Il existe des versions plus tendres, mais souvent, c’est sec et puissant.
Pourquoi ça existe ? Parce que c’est une méthode de conservation parfaite pour les nomades. Zéro frigo, des mois de stockage, et des calories.
Astuce : si vous randonnez, gardez-en quelques morceaux. Ce n’est pas glamour, mais c’est un snack qui ne craint rien.
9. Airag : le lait de jument fermenté
L’airag (koumis) est du lait de jument fermenté, légèrement alcoolisé. En été, c’est partout dans les campagnes. On vous en proposera très facilement si vous logez chez l’habitant.
Le goût est acidulé, pétillant parfois, très « vivant ». La première gorgée peut surprendre, surtout si vous n’êtes pas habitué aux laits fermentés.
Quelques points à savoir :
- Le degré d’alcool est faible, mais il existe.
- L’hygiène dépend du contexte, comme pour tout produit laitier artisanal. Si votre estomac est fragile, allez-y doucement.
- Refuser est possible, mais acceptez au moins de goûter si vous le pouvez. Un petit verre, ça suffit.
Et oui, on peut aimer. Vraiment. Surtout quand il fait chaud et que vous êtes dans la steppe, avec ce goût un peu sauvage. Ça colle parfaitement au décor.
10. Urum et produits laitiers : la « table blanche » mongole
En Mongolie, les produits laitiers ne sont pas juste un à-côté. Ils sont une catégorie culturelle à part, parfois appelée la « nourriture blanche », associée à la pureté, à l’abondance, à l’hospitalité.
Parmi les choses que vous pouvez goûter :
- urum : une sorte de crème épaisse, riche, qui se mange avec du pain ou des beignets. C’est très gourmand.
- byaslag : fromage frais, plus doux que l’aaruul.
- tarag : yaourt, souvent maison, parfois assez liquide, parfois très ferme.
- örömtei boov et autres pains ou biscuits servis avec crème, confiture, sucre, selon les familles.
Ce qui est drôle, c’est que beaucoup de voyageurs s’attendent à une cuisine ultra carnée, et découvrent que la partie la plus dépaysante, au fond, c’est le lait sous toutes ses formes.
Ce que vous allez remarquer très vite (et c’est ok)
Quelques réalités, sans faire semblant :
Peu de légumes, et une saisonnalité brutale
Dans les villes, vous trouverez des salades, des légumes importés, des supermarchés. Dans les campagnes, c’est plus simple. Beaucoup plus. Patates, carottes, oignons, parfois chou. Et c’est déjà bien.
La viande de mouton est partout
Goût plus fort, gras plus présent. Si vous n’aimez pas, dites-le, mais sachez que ça limite beaucoup les options hors d’Oulan-Bator. Le bœuf est aussi courant, plus « facile » pour certains.
Les plats peuvent sembler répétitifs
Raviolis, viande, nouilles, soupe. Encore. Oui. Mais chaque famille, chaque cuisinier a sa main. Et puis votre corps finit par comprendre pourquoi c’est comme ça.
Où goûter ces spécialités en Mongolie ?
- À Oulan-Bator : restaurants mongols, cantines locales, marchés. Vous aurez plus de variété, plus d’options « propres » si vous êtes sensible.
- Dans les gers chez l’habitant : là, c’est le vrai. Suutei tsai, produits laitiers, viande, plats simples. Et souvent, beaucoup de générosité.
- Pendant les festivals (Naadam, fêtes locales) : parfait pour khuushuur et plats conviviaux.
- En tour dans la steppe : khorkhog parfois, airag en saison, aaruul un peu partout.
Conseils rapides pour bien vivre la cuisine mongole (sans souffrir)
- Allez-y progressivement avec les produits fermentés (airag, certains yaourts).
- Hydratez-vous : beaucoup de plats sont salés, riches, et l’air est sec.
- Ayez des snacks « de secours » si vous savez que vous avez du mal avec le mouton. Noix, barres, biscuits.
- Dites ce que vous ne mangez pas, mais gentiment. « Je ne peux pas » marche mieux que « je n’aime pas ».
- Goûtez au moins une fois : même si vous n’adoptez pas, ça fait partie du voyage.
Pour résumer : que manger en Mongolie ?
Si je devais faire une mini shortlist, juste pour vous guider :
- Vous voulez un plat facile à aimer : buuz ou tsuivan.
- Vous voulez du street food : khuushuur.
- Vous voulez un plat vraiment traditionnel, version feu et fumée : khorkhog.
- Vous voulez comprendre l’hospitalité nomade : suutei tsai et la « table blanche » (urum, yaourts, fromages).
- Vous voulez tenter un truc unique : airag et un petit morceau d’aaruul (oui, même si c’est dur).
La cuisine mongole n’essaie pas de séduire. Elle nourrit, elle réchauffe, elle raconte une vie. Et quand on accepte ça, sans comparer à tout prix, elle devient beaucoup plus intéressante. Et parfois même… vraiment bonne.
Questions fréquemment posées
Quelle est la particularité de la cuisine mongole par rapport à la cuisine asiatique classique ?
La cuisine mongole est façonnée par le climat rigoureux, les grandes distances et la vie nomade. Elle est nourrissante, souvent très grasse en hiver, centrée sur la viande et les produits laitiers, avec peu de légumes et d'épices. Son objectif principal est de tenir chaud, durer longtemps et ne rien gaspiller.
Quels sont les buuz et comment les déguster correctement ?
Les buuz sont des raviolis mongols cuits à la vapeur, généralement farcis au mouton ou au bœuf avec oignon, ail et poivre. Ils ont une pâte épaisse et une farce juteuse. On les mange avec les doigts en mordant doucement pour éviter de se brûler avec le jus intérieur.
Qu'est-ce que le khuushuur et dans quel contexte le trouve-t-on souvent ?
Le khuushuur est un grand chausson de pâte farci à la viande puis frit, plus gras et croustillant que le buuz. C'est un plat typique de street food qu'on trouve sur les marchés ou lors d'événements comme Naadam. Il est souvent très huileux, il faut donc prévoir des serviettes.
Que sont les bansh et comment sont-ils consommés traditionnellement en Mongolie ?
Les bansh sont des petits raviolis souvent plus petits que les buuz qui finissent fréquemment dans une soupe traditionnelle. On peut aussi trouver le banshtai tsai, un thé au lait salé avec des bansh, formant un repas complet chaud et énergétique.
En quoi consiste le plat tsuivan et pourquoi plaît-il aux voyageurs ?
Le tsuivan est un plat de nouilles sautées à la mongole avec viande (mouton ou bœuf), oignons, carottes ou pommes de terre. La cuisson à l'étouffée puis sautée donne des nouilles tendres et légèrement grillées. Ce plat réconcilie souvent les voyageurs avec la cuisine locale grâce à son goût savoureux.
Qu'est-ce que le khorkhog et quelle expérience culinaire offre-t-il ?
Le khorkhog est une méthode traditionnelle où la viande (souvent mouton ou chèvre) est cuite dans un bidon métallique fermé avec des pierres chauffées à blanc et parfois des légumes. Ce plat fumant dégage une forte odeur et se partage convivialement, offrant une expérience culinaire unique en Mongolie.


