Cuisine rustique, oui. Cuisine simple, souvent. Mais très, très satisfaisante. Des patates partout. Des soupes qui réchauffent comme une couverture. Des champignons, des baies, de la crème aigre, du seigle, du porc. Et ce goût de « fait maison » qui revient sans arrêt.
Ici, je te donne 10 spécialités biélorusses à goûter. Pas une liste Wikipédia. Plutôt un vrai petit guide de terrain, avec ce que c’est, à quoi t’attendre, et comment le commander sans te tromper.
Draniki : les galettes de pommes de terre qui mettent tout le monde d’accord
On commence avec le grand classique. Les draniki, ce sont des galettes de pommes de terre râpées, mélangées avec un peu d’oignon, parfois un œuf, un peu de farine, puis frites à la poêle.
Ça a l’air simple. Et c’est simple. Mais quand c’est bien fait, c’est croustillant sur les bords, moelleux au centre, avec ce petit goût sucré de la patate qui caramélise légèrement. Tu peux les manger nature, mais le plus courant c’est avec de la smetana (crème aigre). Et parfois avec des champignons, ou une sauce à la viande.
À savoir : dans certains endroits, on te les sert en mode « empilé », avec une sauce bien généreuse. Ne sois pas timide, c’est fait pour.
Machanka : la sauce plat, celle qui demande du pain
La machanka (parfois « machanka de porc ») c’est un plat qui ressemble à un ragoût ou plutôt à une sauce très épaisse, à base de porc, de saucisses, parfois de côtes, avec une base de crème aigre ou de farine qui lie le tout.
Et le truc important : ça se mange avec des blinis (petites crêpes) ou du pain. Tu trempes. Tu récupères la sauce. Tu recommences. C’est un plat d’hiver, clairement, mais même en mi saison ça passe parce que c’est… réconfortant, c’est le mot.
Si tu vois « machanka » sur un menu, prends le. C’est typiquement le genre de truc qu’on ne cuisine pas tous les jours chez soi à l’étranger, donc autant en profiter sur place.
Kalduny : des « raviolis » version Biélorussie, plus charnus
Les kalduny, ce sont des sortes de raviolis ou de dumplings, le plus souvent farcis à la viande (porc, bœuf, mélange), parfois aux champignons. Il existe plusieurs variantes selon les régions et les influences voisines.
Tu peux les trouver bouillis, servis avec beurre et crème aigre, ou parfois poêlés après cuisson pour avoir un peu de croustillant. Et ça, franchement, c’est une excellente surprise quand tu tombes dessus.
Petit détail : dans certains endroits, « kalduny » peut aussi désigner des petites boulettes ou des préparations proches des zrazy. Donc si tu veux être sûr, demande au serveur ce que c’est exactement. Oui, même avec un sourire et un geste de ravioli imaginaire, ça marche.
Bortsch : la soupe à la betterave, mais avec ses propres règles
Le bortsch est présent dans toute l’Europe de l’Est, on est d’accord. Mais la version biélorusse a souvent un côté plus doux, plus rond, parfois moins vinaigré que certaines versions ukrainiennes ou russes. On y trouve betteraves, chou, carottes, pommes de terre, parfois haricots. Et souvent un peu de viande.
C’est servi chaud, avec une cuillerée de smetana par dessus. Parfois avec de l’aneth. Toujours avec du pain, idéalement du pain de seigle.
Conseil simple : si tu n’as pas très faim, prends un bortsch. Tu seras quand même calé. C’est le genre de soupe qui n’est pas une « entrée », c’est déjà un repas.
Solianka : la soupe acide salée, intense, presque carnivore
La solianka, c’est une autre soupe très populaire, avec un profil complètement différent. Là, on est sur quelque chose de plus acide, plus salé, plus puissant. Souvent préparée avec plusieurs viandes (charcuteries, bœuf, parfois poulet), des cornichons, des olives, du citron, des épices.
Ça peut surprendre si tu t’attends à une soupe douce. Mais si tu aimes les goûts nets, un peu « pickles », tu vas adorer.
À noter : il existe des versions au poisson, mais la plus courante en resto c’est la version viande. Et oui, encore une fois, smetana en option, très recommandée.
Kletski : les petites quenelles qui tombent dans la soupe (et qui restent)
Les kletski sont des petites quenelles de pâte, un peu comme des gnocchis très simples, qu’on ajoute à une soupe ou à un bouillon. Parfois ce sont des boulettes de farine et d’eau, parfois avec œuf. Ça dépend de la maison.
Le résultat : une soupe plus épaisse, plus nourrissante, avec ces petits morceaux moelleux qui absorbent le bouillon. C’est typiquement le plat qu’on te sert dans une cuisine familiale, ou dans des restaurants qui font de la cuisine « traditionnelle ».
Si tu voyages en Biélorussie quand il fait froid, tu vas comprendre l’intérêt en deux cuillerées.
Babka (de pommes de terre) : un gâteau salé, dense, doré, très sérieux
Attention, ici « babka » ne veut pas dire brioche sucrée comme en Pologne ou ailleurs. En Biélorussie, la babka de pommes de terre c’est un plat salé : de la pomme de terre râpée, parfois avec des oignons, du lard, un peu de viande, le tout cuit au four dans un plat. Ça sort doré, compact, avec des bords croustillants.
C’est… dense. Très dense. Et c’est délicieux si c’est bien assaisonné, surtout quand il y a un peu de gras qui parfume. On te le sert souvent avec smetana, encore, ou avec une sauce aux champignons.
Mon conseil : partage en entrée ou prends le quand tu sais que tu vas marcher après. Sinon tu risques la sieste immédiate.
Zrazy : roulés farcis, un plat qui fait « cuisine de grand mère »
Les zrazy, ce sont des roulés ou des galettes farcies, souvent à base de viande hachée ou de pommes de terre, avec une farce à l’intérieur (champignons, œufs, oignons, parfois céréales). Ça existe dans plusieurs cuisines voisines, mais la version biélorusse est très courante dans les plats du jour et les cantines.
Ce que j’aime avec les zrazy : ça a l’air simple mais tu sens le travail. Il y a une idée de « farcir », de préparer, de rouler, de cuire. C’est de la cuisine du quotidien, pas pour impressionner, mais pour nourrir correctement.
À goûter surtout si tu vois une version aux champignons des bois. La Biélorussie est un pays où les champignons ne sont pas juste un ingrédient, c’est presque une culture.
Salade de betteraves et hareng (ou « hareng sous un manteau ») : étrange au début, puis addictive
Tu vas croiser beaucoup de salades « à la mayonnaise » dans la région. Et l’une des plus connues, c’est le hareng sous un manteau (souvent appelé « shuba »). Ce n’est pas exclusivement biélorusse, mais c’est tellement courant sur les tables, surtout en période de fêtes, que ça mérite sa place.
C’est une salade en couches : hareng mariné, pommes de terre, carottes, betteraves, oignons, mayonnaise. Dit comme ça, ça fait peur à certains. Mais l’équilibre est intéressant, surtout si le hareng est bon.
Et si tu n’aimes pas le poisson, tu peux viser une salade de betteraves plus simple, avec ail, noix, pruneaux parfois. Très courant aussi.
Petite règle de survie : goûte avant de juger. Beaucoup de gens changent d’avis après deux bouchées.
Syrniki : le dessert du matin, des petites galettes au fromage blanc
Pour finir, quelque chose de sucré. Les syrniki sont des petites galettes faites avec du fromage frais (type tvorog), mélangé avec œuf et un peu de farine, puis poêlées. On les sert souvent au petit déjeuner, mais ça se mange à n’importe quel moment.
C’est doux, légèrement acidulé, et très bon avec smetana, du miel, de la confiture, ou des baies. Et en Biélorussie, les baies, ce n’est pas un détail. Myrtilles, airelles, canneberges, selon la saison.
Si tu veux un truc simple et rassurant, prends des syrniki. Ça marche toujours. Même quand tu es un peu fatigué de la viande et des patates, ce qui arrive, oui.
Ce que tu vas voir partout (même si ce n’est pas « un plat »)
Avant de te laisser, deux ou trois choses que tu remarqueras vite, et qui t’aident à comprendre la cuisine locale.
La smetana : c’est l’accompagnement star. Une crème aigre épaisse, utilisée comme sauce, comme topping, comme base. Si tu aimes ça, tu vas être servi. Si tu n’aimes pas, précise le, sinon elle arrive souvent automatiquement.
Le pain de seigle : très présent, souvent dense, parfois légèrement sucré. Avec les soupes, c’est presque obligatoire.
Les champignons et les baies : beaucoup de plats en contiennent, surtout dans les endroits plus « nature », près des forêts. Et c’est souvent excellent, parce que c’est vraiment ancré dans la culture de cueillette.
Où manger ces spécialités en Biélorussie ?
Sans faire une liste d’adresses (ça change vite, et puis tu peux très bien tomber sur une perle au hasard), voilà ce qui fonctionne bien :
- Cantines locales : parfois basiques, mais parfait pour goûter draniki, soupes, zrazy, salades.
- Restaurants de cuisine biélorusse : ils assument le côté traditionnel, avec des menus plus complets.
- Maisons d’hôtes et campagnes : si tu as la chance de manger chez l’habitant, c’est souvent là que tu goûtes les versions les plus authentiques. Et les portions… bon. Prépare toi.
Astuce simple : si le menu a des photos un peu vieillottes et des noms que tu ne reconnais pas, c’est souvent bon signe.
Petit récap : quoi goûter en priorité si tu n’as que deux jours
Si tu ne dois choisir que quelques plats, je ferais comme ça :
- Draniki avec smetana (obligatoire).
- Une soupe : bortsch ou solianka selon ton humeur.
- Machanka si tu veux un plat vraiment typique et généreux.
- Babka de pommes de terre si tu veux comprendre le côté « rustique » du pays.
- Syrniki pour finir sur quelque chose de doux.
Et voilà. La cuisine biélorusse, ce n’est pas une cuisine qui cherche à être légère ou tendance. Elle cherche à être fiable. À tenir au corps. Et franchement, quand tu voyages, surtout quand il fait gris dehors, c’est exactement ce qu’il faut.
Si tu veux, dis moi où tu vas en Biélorussie (Minsk, Grodno, Brest, Vitebsk, campagne…) et ce que tu aimes manger, je peux te suggérer quoi commander sur place, plat par plat.
Questions fréquemment posées
Quels sont les plats traditionnels biélorusses incontournables à goûter ?
Parmi les spécialités biélorusses à ne pas manquer, on trouve les draniki (galettes de pommes de terre), la machanka (sauce épaisse au porc servie avec du pain ou des blinis), les kalduny (raviolis farcis à la viande ou aux champignons), le bortsch (soupe à la betterave douce et réconfortante) et la solianka (soupe acide et salée, très intense).
Qu'est-ce que les draniki et comment sont-ils servis ?
Les draniki sont des galettes de pommes de terre râpées mélangées avec oignon, parfois œuf et farine, puis frites. Elles sont croustillantes sur les bords et moelleuses au centre, souvent servies avec de la smetana (crème aigre), des champignons ou une sauce à la viande. On peut aussi les trouver empilés avec une sauce généreuse pour plus de gourmandise.
Comment déguster la machanka biélorusse ?
La machanka est une sauce épaisse à base de porc, saucisses et crème aigre ou farine. Elle se mange traditionnellement avec des blinis (petites crêpes) ou du pain pour tremper dans cette préparation réconfortante, idéale surtout en hiver mais appréciée toute l'année.
Quelles sont les particularités des kalduny en Biélorussie ?
Les kalduny sont des raviolis ou dumplings farcis généralement à la viande ou aux champignons. Ils peuvent être bouillis puis servis avec beurre et crème aigre, ou poêlés pour un effet croustillant. Selon la région, le terme peut aussi désigner des boulettes similaires aux zrazy, il est donc conseillé de demander au serveur.
Comment se distingue le bortsch biélorusse des autres versions ?
Le bortsch biélorusse est souvent plus doux et moins vinaigré que les versions ukrainiennes ou russes. Il contient betteraves, chou, carottes, pommes de terre et parfois de la viande. Servi chaud avec une cuillerée de smetana et parfois de l'aneth, il constitue un repas complet plutôt qu'une simple entrée.
Qu'est-ce que la solianka dans la cuisine biélorusse ?
La solianka est une soupe populaire en Biélorussie caractérisée par son goût acide-salé intense et presque carnivore. Elle offre un profil gustatif très différent du bortsch et fait partie intégrante de la tradition culinaire locale.

