Ici, la cuisine a un côté hybride, parfois même un peu déroutant. Des racines africaines, européennes, malaises, indiennes. Un héritage lourd aussi, celui du colonialisme et de l’apartheid, qui a laissé des traces jusque dans les assiettes. Mais quand tu voyages, au quotidien, ce que tu retiens c’est surtout ça : des plats généreux, souvent épicés, souvent carnés, et des trucs à grignoter partout.

Je te laisse 10 spécialités sud africaines à goûter. Pas une liste « musée ». Plutôt une liste qui sert vraiment quand tu commandes, quand tu fais un marché, quand tu es invité à un repas.

1. Le braai : la religion du barbecue

Le braai, ce n’est pas juste un barbecue. C’est un événement. Ça peut commencer tôt, finir tard, et tu vas entendre des gens dire très sérieusement qu’ils « braai » mieux que les autres. Oui, comme s’il existait un diplôme.

En général tu trouves : des boerewors (saucisses), des côtelettes d’agneau, du poulet, parfois du steak, et souvent des accompagnements simples mais indispensables. Salades, pain, maïs, chakalaka. Et une bière. Ou deux.

Si tu es invité à un braai, retiens un truc : amène quelque chose. Une boisson, un dessert, même un paquet de chips, peu importe. Mais viens pas les mains vides, ça se fait mal.

2. Le biltong : le snack national

Le biltong, c’est de la viande séchée, marinée avant d’être séchée à l’air. Bœuf le plus souvent, mais tu peux en trouver en kudu, springbok, autruche. Le goût varie selon les mélanges : coriandre, poivre, vinaigre, parfois un peu de sucre.

Ce n’est pas la même chose que le jerky américain. Le biltong est souvent plus épais, plus tendre au centre. Et surtout… addictif. Tu prends « juste un petit sachet pour la route » et tu le finis avant d’arriver.

Où en acheter ? Dans les supermarchés, les boucheries, les stations service. Et parfois dans des petites boutiques spécialisées qui sentent la viande et les épices à 5 mètres.

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3. Le bobotie : le plat qui surprend (et qui marche)

Le bobotie vient de la cuisine cape malaise. Imagine une viande hachée épicée, cuite avec des oignons, des épices, parfois des raisins secs ou un chutney, et recouverte d’un flan aux œufs et au lait. Ça passe au four et ça sort doré, un peu gratiné, légèrement sucré salé.

Ça peut sonner bizarre dit comme ça. Mais en vrai, c’est hyper équilibré. Tu le manges souvent avec du riz jaune (au curcuma) et des petits condiments : banane, noix de coco râpée, chutney, cacahuètes. Oui, sur la table il y a plein de bols. C’est normal.

Si tu veux goûter un plat « signature » sans partir sur un truc trop extrême, le bobotie est une valeur sûre.

4. Les boerewors : la saucisse qui fait le braai

Les boerewors, c’est l’ADN du braai. Une grosse saucisse en spirale, bien assaisonnée, souvent à base de bœuf (et parfois porc, agneau), avec de la coriandre et d’autres épices. Le mot vient de « boer » (fermier) et « wors » (saucisse).

Tu la manges en morceaux, ou dans un pain comme un hot dog version sud africaine. Parfois avec de la moutarde, parfois avec du relish, parfois avec du chakalaka.

Petit détail pratique : si tu es au restaurant et que tu vois « boerie roll », c’est ça. Et c’est souvent pas cher, parfait quand tu veux manger vite.

5. Le bunny chow : le pain creusé qui nourrit vraiment

Direction Durban, influence indienne forte, et là tu tombes sur le bunny chow. Un quart ou une moitié de pain de mie évidé, rempli de curry (souvent haricots, poulet, mouton). Tu manges avec les mains, en arrachant le pain et en le trempant dans la sauce.

C’est simple, c’est un peu chaotique, et c’est délicieux. Aussi, ça cale.

À l’origine, c’était un repas pratique pour les travailleurs, emballé dans son propre « conteneur » de pain. Aujourd’hui, tu en trouves partout à Durban et même ailleurs, mais si tu le goûtes sur place, dans une cantine ou un petit resto, c’est autre chose.

Avertissement honnête : certains currys tapent fort. Si tu n’es pas à l’aise avec le piment, demande « mild ». Même « mild » peut piquer, selon l’endroit.

6. Le chakalaka : l’accompagnement qui réveille

Le chakalaka, c’est un mélange de légumes (carottes, oignons, poivrons, haricots parfois), cuits avec des épices, souvent relevé. Ça se sert en accompagnement au braai, avec du pain, avec du pap.

Chaque famille a sa version. Certaines sont plutôt douces, d’autres te font transpirer au front. Et tu sais quoi ? C’est exactement ce qu’on veut quand on mange une viande grillée un peu riche. Ça coupe, ça donne du peps.

Tu peux aussi en acheter en bocal. Pratique si tu veux le goûter rapidement. Mais si tu as l’occasion d’en manger fait maison, fonce.

7. Le pap (et le sheba) : la base du quotidien

Le pap, c’est une sorte de polenta, à base de farine de maïs. La texture varie : plus ferme (stywe pap), plus souple (soft pap), parfois en version porridge au petit déjeuner.

C’est un aliment de base dans beaucoup de foyers sud africains. Et souvent, tu ne manges pas le pap « tout seul ». Tu l’accompagnes d’une sauce tomate oignon, ou d’un ragoût, ou d’un braai.

Le combo que tu verras souvent s’appelle « pap and sheba » : le sheba étant une sauce tomate et oignons bien mijotée. Simple, pas prétentieux, mais quand c’est bien fait, ça marche à fond.

Si tu voyages avec un petit budget, retiens ça : pap + sauce + viande grillée, c’est un repas complet et souvent très abordable.

8. Le potjiekos : le ragoût au feu, patience obligatoire

Potjiekos signifie littéralement « petit pot de nourriture ». C’est un ragoût cuit lentement dans un chaudron en fonte (le potjie), posé sur des braises. Viande, légumes, épices, parfois un peu de bière ou de vin. Et surtout, on ne remue pas n’importe comment.

Le truc, c’est la cuisson en couches. Tu laisses le temps faire. Ça mijote, ça sent bon, ça rassemble les gens autour du feu. Un peu comme le braai, mais en mode encore plus lent, plus convivial.

Tu ne vas pas forcément en voir tous les jours dans les restos. Mais si tu es dans une région plus rurale, ou invité chez des gens, ça peut arriver. Et là, tu dis oui.

9. Le koeksister (ou koesister) : le dessert collant, sucré, impossible à oublier

Le koeksister version afrikaner, c’est une pâte tressée frite, puis trempée dans un sirop très sucré, souvent au gingembre ou à la cannelle. Ça brille, ça colle aux doigts, et tu as besoin d’une serviette. Au minimum.

Il existe aussi la version cape malaise, souvent appelée koesister : plus épicée, parfois roulée dans la noix de coco, moins « sirop qui dégouline » mais tout aussi addictive.

À goûter avec un thé ou un café. Et si tu fais attention au sucre… partage. Sinon tu vas tomber amoureux, et après c’est fini.

10. La melktert : la tarte au lait qui apaise

La melktert (milk tart), c’est une tarte à la crème au lait, légèrement prise, parfumée à la cannelle. Texture douce, goût réconfortant. Ce n’est pas un dessert « explosif », c’est plutôt le genre de truc qui te fait ralentir, respirer, et reprendre une part sans trop réfléchir.

Tu en trouves dans les boulangeries, certains supermarchés, et pas mal de cafés. Si tu dois choisir un dessert sud africain « facile » pour commencer, prends celui là.

Où goûter tout ça sans se compliquer la vie ?

Un petit repère rapide, parce que c’est la question qui vient juste après.

  • Marchés et food courts : parfaits pour grignoter biltong, boerewors rolls, parfois bobotie revisité. Et tu peux goûter plusieurs trucs sans t’engager sur un gros plat.
  • Restaurants cape malaise (Le Cap, Bo Kaap) : bobotie, plats épicés, influences malaises.
  • Durban : bunny chow et currys, clairement.
  • Braai entre amis ou en guesthouse : là tu as la version la plus « vraie ». Avec les discussions, la fumée, les gens qui tournent autour du feu comme des satellites.
Le Cap.    Afrique du Sud.

Quelques conseils bêtes mais utiles avant de commander

Je les mets parce que ça m’a aidé, et ça évite deux trois surprises.

  1. Demande le niveau d’épices : surtout à Durban. Même quand tu penses être prêt.
  2. Ne sous estime pas les portions : entre pap, pain, curry, viande… tu peux vite te retrouver KO.
  3. Goûte les viandes « game » si tu peux : kudu, springbok, autruche. Souvent plus maigre, goût différent, et c’est assez typique.
  4. Fais simple au début : braai, biltong, bobotie, melktert. Ensuite tu explores.
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En bref, si tu ne devais goûter que 3 choses…

Je vais tricher et te donner mon trio « tu ne peux pas rater » :

  • un braai (idéalement chez des locaux)
  • un sachet de biltong sur la route
  • un bunny chow à Durban, même si tu en mets partout

Après ça, tu auras déjà un vrai aperçu du pays. Pas un aperçu carte postale. Un aperçu qui sent la fumée, les épices, le sucre, et un peu le piment aussi.

Et oui, tu vas probablement vouloir tout recommencer le lendemain.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que le braai en Afrique du Sud ?

Le braai est bien plus qu'un simple barbecue en Afrique du Sud. C'est un véritable événement social qui peut durer toute la journée, où l'on grille des viandes comme les boerewors (saucisses), côtelettes d'agneau, poulet ou steak, accompagnées de salades, pain, maïs et chakalaka, souvent arrosé d'une bière. Si vous êtes invité à un braai, il est de coutume d'apporter quelque chose, comme une boisson ou un dessert.

Qu'est-ce que le biltong et comment le déguster ?

Le biltong est un snack national sud-africain composé de viande séchée marinée à l'air, généralement du bœuf mais aussi parfois du kudu, springbok ou autruche. Il est épicé avec des ingrédients comme coriandre, poivre et vinaigre. Contrairement au jerky américain, il est plus épais et tendre au centre. On le trouve dans les supermarchés, boucheries et stations-service, parfait pour grignoter lors de vos déplacements.

Comment décrire le bobotie et son origine ?

Le bobotie est un plat traditionnel de la cuisine cape malaise en Afrique du Sud. Il s'agit d'une viande hachée épicée cuite avec oignons, raisins secs ou chutney, recouverte d'un flan aux œufs et lait puis gratinée au four. Ce plat sucré-salé se sert généralement avec du riz jaune au curcuma et divers condiments comme banane, noix de coco râpée ou cacahuètes.

Que sont les boerewors et comment les consommer ?

Les boerewors sont des saucisses sud-africaines emblématiques du braai. Elles sont en spirale, assaisonnées avec coriandre et autres épices, souvent à base de bœuf ou mélange porc/agneau. On les mange coupées en morceaux ou dans un pain façon hot dog appelé 'boerie roll', souvent accompagné de moutarde, relish ou chakalaka. C'est une option rapide et économique dans les restaurants.

Qu'est-ce que le bunny chow et d'où vient-il ?

Le bunny chow est une spécialité originaire de Durban influencée par la cuisine indienne. Il consiste en un quart ou une moitié de pain de mie évidé rempli d'un curry savoureux, souvent aux haricots ou au poulet. Ce plat nourrissant se déguste sur le pouce et reflète bien la diversité culinaire sud-africaine.

Comment la cuisine sud-africaine reflète-t-elle son histoire et sa diversité culturelle ?

La cuisine sud-africaine est un mélange hybride aux racines africaines, européennes, malaises et indiennes. Elle porte aussi l'héritage historique du colonialisme et de l'apartheid qui ont laissé leur empreinte jusque dans les plats traditionnels. Cette diversité se traduit par des plats généreux souvent épicés et carnés ainsi que par une multitude de snacks locaux à découvrir lors des marchés ou repas traditionnels.