Parfois vous entendez du portugais très “officiel”, puis juste après un créole bissau-guinéen rapide, très vivant, et derrière tout ça, des langues locales qui varient d’un quartier à l’autre, d’une région à l’autre, d’une famille à l’autre.
Le but ici, ce n’est pas de faire un cours universitaire. Plutôt de vous donner une carte mentale simple, et des phrases utiles, concrètes. Celles qui servent vraiment quand on arrive, quand on cherche un taxi, quand on veut demander un prix, quand on veut juste être poli. Et aussi éviter deux ou trois malentendus classiques.
Le trio de base : portugais, créole, langues locales
Le portugais : la langue officielle, mais pas la langue “du quotidien”
Le portugais est la langue officielle de la Guinée-Bissau. C’est la langue de l’État, de l’école (en théorie), des documents administratifs, des communiqués, des médias formels. Dans les ministères, à la banque, dans certains hôtels, avec certaines personnes scolarisées, vous allez l’utiliser.
Mais dans la rue, dans les marchés, dans beaucoup de conversations informelles… vous allez surtout entendre autre chose.
Et c’est là que le créole arrive.
Le créole bissau-guinéen : la vraie langue passerelle
Le créole de Guinée-Bissau (souvent appelé « kriol ») est la langue la plus utilisée au quotidien, celle qui connecte les gens entre groupes ethniques différents. Il s’appuie sur une base lexicale portugaise, mais sa grammaire et son rythme sont bien à lui. Si vous comprenez le portugais, vous allez reconnaître plein de mots. Mais vous n’allez pas tout comprendre, pas au début. Et c’est normal.
La bonne nouvelle, c’est que pour un voyageur, apprendre quelques phrases en créole a un effet immédiat. Ça ouvre des sourires, ça détend, ça crée une proximité. Même si vous avez un accent très approximatif. Même si vous mélangez un peu. Ça passe.
Les langues locales : l’identité, la famille, la région
La Guinée-Bissau est très diverse. Il existe plusieurs langues locales importantes, parlées selon les communautés et les régions. Parmi les plus citées, on trouve par exemple : fula (peul), balanta, mandinka, manjak, papel, bijago, etc.
Dans certains villages, c’est la langue locale qui domine dans la vie familiale. Le créole sert alors de pont entre communautés, et le portugais reste souvent réservé au cadre institutionnel.
Donc en pratique : si vous apprenez un peu de créole, vous avez déjà un outil solide pour voyager dans le pays. Et si vous restez longtemps dans une région précise, là, ça peut valoir le coup d’apprendre quelques mots de la langue locale dominante.
Quelle langue utiliser, selon la situation ?
Quelques repères simples, pas parfaits, mais utiles :
- À Bissau (la capitale) : créole très fréquent, portugais possible dans les milieux administratifs et certains services.
- Marché, rue, taxis : créole quasi partout.
- Hôtel “international”, ONG, bureaux : portugais plus probable, parfois français ou anglais selon les personnes, mais ne comptez pas dessus.
- Villages : créole + langue locale, portugais variable.
Petit détail humain : si vous commencez en portugais et que la personne vous répond en créole, suivez le mouvement. Même si vous continuez avec un portugais simple, lent, ça fonctionne. L’important est de rester clair et chaleureux.
Mini guide de prononciation pour survivre
Je ne vais pas vous promettre une prononciation parfaite en 10 minutes. Mais voici l’idée :
- Portugais : plus “nasal”, parfois avalé, surtout en fin de mot.
- Créole : souvent plus direct, plus “sec” et rythmé, avec des mots qui ressemblent au portugais mais simplifiés.
Et surtout, la règle d’or : parlez lentement, souriez, répétez sans vous énerver. En Guinée-Bissau, la communication passe aussi par le ton.
Phrases utiles en portugais (simples, voyage)
Saluer et être poli
- Bonjour : « Bom dia »
- Bon après-midi : « Boa tarde »
- Bonsoir / bonne nuit : « Boa noite »
- Salut (informel) : « Olá »
- S’il vous plaît : « Por favor »
- Merci : « Obrigado » (si vous êtes un homme), « Obrigada » (si vous êtes une femme)
- De rien : « De nada »
- Excusez-moi : « Desculpe »
- Pardon (pour passer) : « Com licença »
Se présenter
- Je m’appelle… : « Chamo-me… »
- Je suis français(e) : « Sou francês » / « Sou francesa »
- Je ne parle pas bien portugais : « Não falo bem português »
- Vous parlez créole ? : « Fala crioulo ? »
Se repérer
- Où est… ? : « Onde fica… ? »
- C’est loin ? : « É longe ? »
- À droite / à gauche : « À direita » / « À esquerda »
- Tout droit : « Sempre em frente »
- Je suis perdu(e) : « Estou perdido » / « Estou perdida »
Transport et prix
- Combien ça coûte ? : « Quanto custa ? »
- C’est trop cher : « É muito caro »
- Je veux aller à… : « Quero ir para… »
- Arrêtez ici, s’il vous plaît : « Pare aqui, por favor »
- Vous pouvez baisser le prix ? : « Pode baixar o preço ? »
Manger et boire
- Je voudrais ça : « Eu queria isso »
- De l’eau, s’il vous plaît : « Água, por favor »
- Je n’ai pas faim : « Não tenho fome »
- C’est bon : « Está bom »
Phrases utiles en créole (kriol), version “terrain”
Il existe des variations, donc prenez ça comme un kit de démarrage. Même un « bon dia » dit avec intention peut être compris et apprécié. Et oui, vous allez entendre plusieurs orthographes. Ne vous bloquez pas là-dessus.
Saluer et créer le contact
- Bonjour : « Bon dia »
- Bonsoir : « Bon noti »
- Ça va ? : « Kuma bu sta ? »
- Ça va bien : « N sta bon »
- Et toi / et vous ? : « I bo ? »
- Merci : « Obrigadu » / « Brigadu » (souvent abrégé)
- S’il vous plaît : « Pur fabor »
S’excuser, demander
- Excusez-moi : « Diskulpa »
- Je ne comprends pas : « N ka intindi »
- Répétez, s’il vous plaît : « Ripiti, pur fabor »
- Parlez plus lentement : « Papia mas devagar »
Se déplacer, demander un lieu
- Où est… ? : « Undi ki… ? »
- Je veux aller à… : « N misti bai na… »
- Je cherche… : « N sta buska… »
- C’est ici ? : « I li ? »
Acheter, négocier
- Combien ? : « Kantu ? »
- Trop cher : « I karu »
- Fais un bon prix : « Fasi bon preço »
- Je n’ai pas d’argent : « N ka ten dinheru »
- Donne-moi ça : « Dami es »
Sécurité, aide
- Aidez-moi : « Djuda-mi »
- Je suis malade : « N sta duenti »
- J’ai besoin d’un docteur : « N misti doutor »
- Appelez la police : « Tchoma pulisia »
Vous voyez le style. Court. Direct. Efficace.

Quelques mots super utiles (portugais + créole mélangés)
En vrai, vous allez entendre des mélanges. Alors voici une petite liste de mots que vous pouvez repérer partout :
- Eau : « água »
- Argent : « dinheiro » (créole : « dinheru »)
- Marché : « mercado »
- Aujourd’hui : « hoje »
- Demain : « amanhã »
- Maintenant : « agora »
- Petit / un peu : « pequeno » / « um pouco »
- Ici / là-bas : « aqui » / « lá »
- Oui / non : « sim » / « não » (créole : souvent « sin » / « ka » ou « nãu » selon contexte)
Erreurs classiques à éviter (et ce n’est pas grave si ça arrive)
Penser que “tout le monde parle portugais”
Vous allez tomber sur des gens qui le comprennent peu, ou qui ne le parlent pas à l’aise. Si la personne bascule en créole, ce n’est pas pour vous exclure. C’est juste la langue naturelle.
Parler trop vite
Même avec une phrase correcte, si vous parlez vite, ça se perd. Faites simple. Une idée par phrase. Et si besoin, vous montrez, vous pointez, vous reformulez.
Être trop “scolaire”
Un « bonjour, comment allez-vous aujourd’hui monsieur » peut être très bien, mais parfois un simple « bon dia… pur fabor » marche mieux. Moins de pression, plus de contact.
Petits dialogues prêts à l’emploi
1) Au taxi
Vous : « N misti bai na Bandim. Kantu ? »
Chauffeur : « Tantu… »
Vous : « I karu. Fasi bon preço, pur fabor. »
Puis vous pouvez conclure en portugais si besoin : « Está bem. Vamos. »
2) Au marché
Vous : « Bon dia. Kantu es ? »
Vendeur : réponse rapide
Vous : « Ripiti, pur fabor… mas devagar. »
Vous : « N ta leba. Obrigadu. » (je prends, merci)
3) Demander son chemin
Vous : « Diskulpa. Undi ki mercado ? »
Personne : indique
Vous : « Obrigadu, djuda-m’ txeu. » (merci, vous m’avez beaucoup aidé)
Et si vous parlez français ?
Le français n’est pas la langue principale en Guinée-Bissau, même si le pays est membre de la Francophonie et que vous pouvez croiser des personnes francophones (surtout via écoles, mobilité régionale, ONG). Mais pour un voyage “normal”, miser sur le français seul, c’est risqué.
Par contre, un combo simple marche très bien : français pour vous, créole ou portugais basique pour accrocher, puis gestes, sourire, et on s’arrange.
Conclusion : apprendre un peu de créole change tout
Retenez juste ça : le portugais vous aide dans les cadres formels, mais le créole vous aide partout. Dans le vrai quotidien. Et même si vous ne retenez que 10 phrases, vous allez sentir la différence dès le premier jour.
Si vous voulez une mini mission pour commencer : apprenez « Bon dia », « Kuma bu sta ? », « N ka intindi », « Kantu ? », « Obrigadu ». Et utilisez-les. Souvent. Même maladroitement.
C’est comme ça qu’on progresse. Et c’est comme ça qu’on rencontre des gens, aussi.
Questions fréquemment posées
Quelle est la langue officielle de la Guinée-Bissau et où est-elle principalement utilisée ?
Le portugais est la langue officielle de la Guinée-Bissau. Il est utilisé dans les institutions de l'État, à l'école (en théorie), dans les documents administratifs, les médias formels, ainsi que dans certains hôtels, ministères et banques.
Qu'est-ce que le créole bissau-guinéen et pourquoi est-il important pour les voyageurs ?
Le créole bissau-guinéen, souvent appelé « kriol », est la langue la plus utilisée au quotidien en Guinée-Bissau. Il sert de langue passerelle entre les différents groupes ethniques. Pour un voyageur, apprendre quelques phrases en créole facilite les échanges, crée une proximité immédiate et ouvre des sourires.
Quelles langues locales sont parlées en Guinée-Bissau et dans quels contextes ?
La Guinée-Bissau compte plusieurs langues locales importantes comme le fula (peul), balanta, mandinka, manjak, papel ou bijago. Elles sont surtout parlées dans les villages et au sein des familles selon les régions et communautés. Le créole sert alors de pont entre ces communautés.
Quelle langue privilégier selon le lieu où l'on se trouve en Guinée-Bissau ?
À Bissau, le créole est très fréquent tandis que le portugais est utilisé dans les milieux administratifs. Dans les marchés, rues et taxis, le créole domine presque partout. Dans les hôtels internationaux ou ONG, le portugais est plus probable. En village, on utilise surtout le créole et la langue locale dominante.
Comment gérer une conversation si l'on commence en portugais mais que son interlocuteur répond en créole ?
Il est conseillé de suivre le mouvement : même si vous continuez avec un portugais simple et lent, cela fonctionne généralement bien. L'essentiel est de rester clair, chaleureux et patient pour assurer une bonne communication.
Quels conseils donner pour la prononciation des langues en Guinée-Bissau ?
En portugais, la prononciation est souvent nasale et parfois avalée en fin de mot. Le créole est plus direct, sec et rythmé avec des mots simplifiés proches du portugais. La règle d'or reste de parler lentement, sourire et répéter sans s'énerver car le ton joue un grand rôle dans la communication.


