Au Bhoutan, vous allez surtout croiser deux réalités très concrètes : le dzongkha, langue nationale, et l’anglais, très présent dans l’école, l’administration, les hôtels, les guides. Entre les deux, il y a aussi plein de langues locales (on en reparle), et des situations où un sourire + deux mots bien placés font toute la différence.

L’idée ici, c’est simple : vous donner une mini base pour être à l’aise. Comprendre qui parle quoi, quand. Et repartir avec des phrases utiles, du vocabulaire de terrain, et quelques astuces de prononciation pour éviter de mâcher vos mots dans le vide.

Quelles langues parle-t-on au Bhoutan : le vrai tableau (sans prise de tête)

Le dzongkha, la langue nationale

Le dzongkha (རྫོང་ཁ་) est la langue officielle du Bhoutan. Elle est liée au tibétain, écrite avec l’alphabet tibétain, et utilisée dans les institutions, certains médias, et dans la vie quotidienne surtout dans l’ouest du pays (Thimphou, Paro, Punakha… en gros les zones que beaucoup de voyageurs visitent).

Mais. Et c’est important. Le dzongkha n’est pas forcément la langue maternelle de tout le monde. Dans plusieurs régions, les gens parlent d’abord une langue locale à la maison, et apprennent le dzongkha à l’école ou via l’administration.

L’anglais : la langue passerelle pour les voyageurs

L’anglais est la grande langue « pratique » au Bhoutan.

Dans le tourisme (guides, chauffeurs, hôtels), dans l’éducation (beaucoup d’écoles enseignent en anglais), et dans des milieux urbains, vous pourrez vous débrouiller assez largement en anglais. Pas toujours un anglais ultra fluide, mais souvent suffisant et chaleureux.

Donc si vous ne retenez qu’une chose : oui, voyager au Bhoutan en parlant anglais est réaliste. Et apprendre quelques mots en dzongkha, c’est un bonus énorme socialement.

Les langues locales : normal de les entendre

Le Bhoutan est multilingue. Selon les zones, vous entendrez par exemple (liste non exhaustive) le sharchopkha, le lhotshamkha (lié au népalais, surtout au sud), le bumthangkha, le khengkha, etc.

En tant que voyageur, vous n’avez pas besoin de les apprendre. Mais savoir qu’elles existent explique pourquoi parfois, votre interlocuteur comprend l’anglais, un peu le dzongkha, et répond avec quelqu’un d’autre dans une troisième langue. C’est normal.

Dzongkha et politesse : deux ou trois mots qui ouvrent les portes

Il y a un truc que j’ai remarqué dans beaucoup de pays, et au Bhoutan ça ressort bien : la politesse compte, mais la modestie aussi.

Même si votre dzongkha est approximatif, le fait d’essayer un « bonjour » ou un « merci » fait sourire. Ça casse la distance guide client. Ça transforme l’échange en rencontre.

Et puis, certains mots reviennent tout le temps : « oui », « non », « merci », « bon », « ok », « excusez-moi ». Ceux-là valent l’effort.

Prononciation : comment éviter les gros pièges

Je vais être honnête : sans audio, la prononciation du dzongkha, c’est un peu du bricolage. Mais vous pouvez vous en sortir.

Quelques conseils simples :

  • Allez-y lentement. Vraiment.
  • Ne « roulez » pas trop les r.
  • Si vous hésitez, souriez et demandez de répéter. Personne ne va se vexer.

Et surtout, n’ayez pas peur de l’anglais. Même quand on veut « faire local », l’anglais reste votre filet de sécurité.

Phrases utiles en dzongkha : les indispensables du quotidien

Je vous mets ici des phrases faciles à placer. La translittération varie selon les sources, donc prenez-les comme une base pratique. Le but, c’est d’être compris, pas de passer un examen.

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Photo by Sammy Wong / Unsplash

Salutations et formules simples

  • Bonjour : « Kuzuzangpo la »
  • Bonsoir : « Kuzuzangpo la » (utilisé aussi, selon contexte)
  • Comment ça va ? : « Ga day bay zhue gi ? »
  • Ça va bien : « Legsho »
  • Merci : « Kadrinche la »
  • De rien : « Goma chi »
  • Oui : « Ina » (ou « In »)
  • Non : « Men »
  • Excusez-moi / pardon : « Tshewi la » (souvent compris dans l’esprit, même si la formule exacte peut varier)
  • S’il vous plaît : vous pouvez souvent ajouter « la » pour la politesse, ou utiliser l’anglais « please » sans souci

Petite note : le « la » est une marque de respect, très courant. Dire « Kuzuzangpo la » sonne plus poli que sans.

Que manger au Bhoutan ? 10 plats à goûter absolument
La première fois que j’ai cherché quoi manger au Bhoutan, je suis tombé sur deux extrêmes. D’un côté, des gens qui résument tout à « fromage pimenté ». De l’autre, des listes interminables qui te donnent l’impression que tu vas passer ton séjour à réviser une carte de restaurant.

Se présenter

  • Je m’appelle… : « Nga gi ming… »
  • Je suis français(e) : « Nga France lay in »
  • Je ne parle pas dzongkha : « Nga dzongkha zara mi shes »
  • Vous parlez anglais ? : « Choen gi angreji zara shes ga ? »

Se déplacer

  • Où est… ? : « … ga-di mo ? »
  • À gauche : « Yon »
  • À droite : « Yag »
  • Tout droit : « Thring thang »
  • Stop ici, s’il vous plaît : « Di na stop… la » (et vous pouvez compléter en anglais)

Restaurant, nourriture, eau

  • J’ai faim : « Nga bokto do »
  • Je suis végétarien(ne) : « Nga sha mi za »
  • Sans piment, s’il vous plaît : « Ema mey… la » (au Bhoutan, ça compte)
  • De l’eau, s’il vous plaît : « Chhu… la »
  • C’est très bon : « Zim du »

Le piment : au Bhoutan, ce n’est pas juste un assaisonnement. C’est un style de vie. Donc apprendre à dire « sans piment » ou « pas trop épicé » peut littéralement sauver votre journée.

Hôtel et besoins basiques

  • J’ai besoin d’aide : « Nga ro go »
  • Je suis fatigué(e) : « Nga nyom du »
  • Salle de bain / toilettes : en pratique, l’anglais « toilet » marche souvent mieux, mais vous pouvez aussi demander « bathroom… ga-di mo ? »
  • Je suis perdu(e) : « Nga lam kor du »

Phrases utiles en anglais : version terrain (pas scolaire)

Même si vous parlez déjà anglais, voici des phrases qui marchent très bien au Bhoutan, surtout avec guides, chauffeurs, hôtels. Simples, claires.

Transport et rythme

  • « Could we stop here for a photo, please ? »
  • « How long does it take to get to… ? »
  • « Can we leave a bit earlier tomorrow ? »
  • « I’d like to walk this part, is it possible ? »

Hébergement

  • « Could I have an extra blanket, please ? »
  • « Is hot water available now ? »
  • « Can you help me with the Wi-Fi ? »
  • « What time is breakfast ? »

Nourriture

  • « No spicy, please. Really, no spicy. »
  • « I’m vegetarian. Is there an option without meat or fish ? »
  • « What is this dish made of ? »

Culture et visites

  • « Is it ok to take photos here ? »
  • « Should I remove my shoes ? »
  • « What’s the meaning of this painting / statue ? »

Vocabulaire pratique : Bhoutan au quotidien

Voici une liste de mots utiles, surtout pour comprendre ce qu’on vous dit. Je mélange volontairement dzongkha basique et mots que vous verrez en anglais partout.

Lieux

  • Dzong : forteresse monastère (vous en visiterez)
  • Lhakhang : temple
  • Gompa : monastère (terme aussi courant dans la région)
  • Stupa / chorten : monument bouddhiste
  • Marché : en anglais « market », facile
  • Médecin : « doctor »
  • Pharmacie : « pharmacy »

Objets et besoins

  • Eau : « water »
  • Thé : « tea »
  • Argent liquide : « cash »
  • Carte : « card »
  • Passeport : « passport »
  • Chargeur : « charger »
  • Couverture : « blanket »

Temps et organisation

  • Aujourd’hui : « today »
  • Demain : « tomorrow »
  • Maintenant : « now »
  • Plus tard : « later »
  • Ouvert / fermé : « open / closed »

À table : mots qui reviennent

  • Ema datshi : plat emblématique piments + fromage
  • Datshi : fromage (souvent de yak ou de vache selon zone)
  • Suja : thé au beurre (vous allez en entendre parler)
  • Riz : « rice »
  • Nouilles : « noodles »
  • Thé : « tea »

Mini dialogues prêts à l’emploi

Parfois, avoir une phrase c’est bien. Mais avoir un micro échange complet, c’est encore mieux.

1) À l’hôtel

Vous : « Hello. Could I get hot water, please ? »
Réception : « Yes, sure. »
Vous : « Thank you. Kadrinche la. »

2) Au restaurant

Vous : « I’m vegetarian. No spicy, please ? »
Serveur : « Ok. »
Vous : « What do you recommend ? »

3) Dans un temple

Vous : « Is it ok to take photos here ? »
Guide : « No, inside not allowed. »
Vous : « Ok, thank you. »

4) Dans la rue, demander un lieu

Vous : « Excuse me, where is the market ? »
Passant : « That way. »
Vous : « Thank you. Kadrinche la. »

a couple of kids sitting on top of a dirt field
Photo by Vivek / Unsplash

Petites erreurs classiques (et comment les éviter)

Penser que « tout le monde parle dzongkha »

Non. Beaucoup le comprennent, oui. Mais la réalité est plus nuancée selon les régions. Donc évitez de vous vexer si quelqu’un ne répond pas en dzongkha. Ce n’est pas un refus, c’est juste la vie.

Sous-estimer le « no spicy »

Au Bhoutan, « a little spicy » peut être très spicy. Dites-le clairement. Répétez-le si besoin. Et si vous aimez le piment, alors là, jackpot.

Vouloir absolument tout dire en dzongkha

Franchement, ce n’est pas nécessaire. Un mot en dzongkha pour saluer et remercier, puis l’anglais pour le reste, c’est un combo parfait. Naturel. Respectueux. Efficace.

Où dormir au Bhoutan : vallées + pièges à éviter
Dormir au Bhoutan, ce n’est pas juste « choisir un hôtel ». C’est choisir une vallée, une ambiance, un rythme. Et parfois, choisir un compromis aussi. Parce que le pays est petit sur la carte, mais sur la route, entre les cols, les contrôles, les temps de trajet, ça devient vite une autre histoire.

Comment apprendre vite avant le départ (sans y passer vos soirées)

  • Faites une liste de 15 phrases max. Pas 200.
  • Enregistrez-vous sur votre téléphone en les lisant lentement.
  • Répétez dans la douche, dans la cuisine, dans le bus. Oui, c’est un peu bizarre.
  • Et une fois sur place, utilisez-les tout de suite. Même si c’est maladroit.

Si vous voulez, vous pouvez aussi demander à votre guide : « How do you say this in dzongkha ? » et noter au fur et à mesure. C’est souvent comme ça qu’on retient le mieux, en situation.

Petit récap : quoi retenir pour un voyage fluide

  • Dzongkha : langue nationale, super pour la politesse et le lien humain.
  • Anglais : votre outil principal pour voyager, organiser, comprendre.
  • Langues locales : très présentes, rien d’anormal si ça varie d’une vallée à l’autre.
  • Mots magiques : « Kuzuzangpo la » et « Kadrinche la ». Déjà ça, vous êtes bien.

Et voilà. Pas besoin d’être bilingue. Juste d’être curieux, patient, et de garder deux ou trois phrases prêtes. Le reste se fait sur place, tranquillement, au rythme bhoutanais.

Questions fréquemment posées

Quelles sont les langues principales parlées au Bhoutan ?

Au Bhoutan, la langue nationale officielle est le dzongkha, particulièrement utilisée dans l'ouest du pays et dans les institutions. L'anglais est également très présent, notamment dans le tourisme, l'éducation et l'administration. Par ailleurs, plusieurs langues locales comme le sharchopkha, le lhotshamkha ou le bumthangkha sont parlées selon les régions.

Peut-on voyager au Bhoutan en parlant uniquement anglais ?

Oui, il est tout à fait réaliste de voyager au Bhoutan en parlant anglais. L'anglais sert de langue passerelle dans les hôtels, avec les guides et dans les milieux urbains. Même si ce n'est pas toujours un anglais parfait, il est souvent suffisant et chaleureux pour communiquer.

Pourquoi apprendre quelques mots en dzongkha lors d'un voyage au Bhoutan ?

Apprendre quelques mots basiques en dzongkha, comme « bonjour », « merci » ou « excusez-moi », est un énorme bonus social. Cela montre votre respect et votre modestie, ce qui facilite les échanges et transforme une simple interaction touristique en une véritable rencontre humaine.

Quelles sont les astuces pour bien prononcer le dzongkha ?

Pour éviter les pièges de prononciation du dzongkha : parlez lentement, ne roulez pas trop les 'r', souriez si vous hésitez et n'hésitez pas à demander à votre interlocuteur de répéter. Le plus important est de ne pas avoir peur et de garder l'anglais comme filet de sécurité.

Existe-t-il des différences régionales dans l'usage des langues au Bhoutan ?

Oui, le Bhoutan est multilingue. Par exemple, dans certaines régions, les habitants parlent d'abord une langue locale à la maison avant d'apprendre le dzongkha à l'école. Les langues locales varient selon les zones : sharchopkha à l'est, lhotshamkha au sud lié au népalais, bumthangkha ou khengkha ailleurs.

Quels sont les mots essentiels en dzongkha à connaître pour un voyageur ?

Les mots essentiels incluent des expressions courantes comme « oui », « non », « merci », « bon », « ok » et « excusez-moi ». Ces mots reviennent fréquemment et valent vraiment l'effort d'être appris pour faciliter vos interactions quotidiennes lors d'un voyage au Bhoutan.